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Vous voyez cette
plume ?
Eh bien, c'est une plume... d'ange
Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande
plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de
l'air.
J'ouvre les yeux, que vois-je ?
Dans l'obscurité de la chambre, des myriades d'étincelles... Elles s'en
allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques,
un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l'accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un
corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant
moi, un ange réglementaire avec les grandes ailes
de lait.
Comme une flèche d'un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend
et il me dit :
"C'est une plume d'ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu'un seul humain te croie et ce monde malheureux s'ouvrira au monde de la
joie.
Qu'un seul humain te croie avec ta plume d'ange.
Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. "
Et l'ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d'extase, lissant la
plume, la respirant.
En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d'une passion néfaste.
J'allume, je la réveille :
"Mon amour, mon amour, regarde cette plume... C'est une plume d'ange ! Oui
! Un ange était là... Il vient de me la donner... Oh
ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse... Mon
amour, mon amour, il faut que tu me croies, et tu
vas voir... le monde ! "
La belle, le visage obscurci de cheveux, d'araignées de sommeil, me répondit :
"Fous-moi la paix... Je voudrais dormir... Et cesse de fumer ton satané
Népal ! "
Elle me tourne le dos et merde !
Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai
chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l'Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me
firent des roues, des roucoulements de considération administrative.
Je sonne.
Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidais mon sac biblique, mon oreiller céleste :
"Tu m'entends bien, André, qu'on me prenne au sérieux et l'humanité tout
entière s'arrache de son orbite de malédiction guerroyante
et funeste. A dégager ! Finies la
souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent ! "
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m'entraîna
dans la cuisine et devant un café, m'expliqua que moi
sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette
apparition.
Le repos... L'air de la campagne... Avec les oiseaux précisément, les vrais !
Je me retrouve dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire ? Que faire ?
" Monsieur l'agent, regardez, c'est une plume d'ange. "
Il me croit !
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s'aplatissent.
Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs
volants et s'embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux !
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci ? La petite dame ?
Et soudain l'idée m'envahit, évidente, éclatante... Abandonnons les hommes !
Adressons-nous aux enfants ! Eux seuls savent que la foi est plus belle que
Dieu.
Les enfants... Oui, mais lequel ?
Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des
passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de
visages d'enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais... Le vent de mes pas feuilletait Paris... Pages de
pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent... Les escaliers de Montmartre. Je monte, je
descends et me fige devant une école, rue du Mont-Cenis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
Faussement paternel, j'attends, moi aussi.
Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements
bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en minois ,
quêtant une révélation.
Sur le seuil de l'école, une petite fille s'est arrêtée. Dans la vive lumière
d'avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un
peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j'ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle les
escaliers de la Butte.
A quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.
Le lendemain je revins à la sortie de l'école et le surlendemain et les jours
qui suivirent.
Elle s'appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l'aborder. Et si je lui
faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée,
ma pâleur mortelle, vitale ?
Alors, qu'est-ce que je fais ? Je me tue ? Je l'avale, ma plume ? Je la plante
dans le cul somptueux de ma passion néfaste ?
Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste
paradisiaque.
J'ai précipité mon pas, j'ai tendu ma main vers la tête frisée... Au moment où
j'allais l'atteindre, sur ma propre épaule, une
pesante main s'est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau :
"Suivez-nous."
Le commissariat.
Vous connaissez les commissariats ?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich...
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait
les r :
" Asseyez-vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous. Alors
comme ça, on suit les petites filles ?
- Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la
véritable raison qui m'a fait m'approcher de cette enfant
Je sors ma plume et j'y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
- Fanny, j'en suis certain, m'aurait cru. Les assassins, les polices, notre
séculaire tennis de coups durs, tout ça, c'était fini
envolé !
- Voyons l'objet, me dit le commissaire.
D'entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait
techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
- C'est de l'oie, ça..., me dit-il, je m'y connais, je suis du Périgord.
- Monsieur, ce n'est pas de l'oie, c'est de l'ange, vous dis-je !
- Calmez-vous ! Calmez-vous ! Mais vous avouerez tout de même qu'une telle
affirmation exige d'être appuyée par un minimum d'en
quête, à défaut de preuve.
Vous allez patienter un instant. On va s'occuper de vous. Gentiment hein ?
Gentiment. "
On s'est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique
où l'on m'héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s'ébattent ou s'abattent sur les aimables
gazons, il est un être qui me fascine. C'est un vieil
homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant
un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement le
s bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J'ai fini par m'approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd'hui, nous sommes amis. C'est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu'il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c'est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus le verbe sort,
calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les mystiques,
les métaphysiques, les philosophies s'unissent, se rassemblent pour se
ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.
Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de
l'eau fraîche et limpide de l'intelligence alliée
à l'amour, je remonte.
Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des
noix, de grosses noix qu'il brise d'un seul coup
dans sa paume, crac ! Pour me les offrir.
Un jour où il me parle d'ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et
Charlie Parker, je ne l'écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l'ange t'a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à
ta plume, eh bien, oui, c'est lui, il est là, devant toi !
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
" Quel magnifique spécimen de plume d'ange, vous avez là, mon ami.
- Alors vous me croyez ? Vous le savez !
- Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes,
on ne peut s'y méprendre.
Je puis même ajouter qu'il s'agit d'une penne d'Angélus Maliciosus.
- Mais alors ! Puisqu'il est dit qu'un homme me croyant, le monde est sauvé...
- Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
- Vous n'êtes pas un homme ?
- Nullement, je suis un noyer.
- Vous êtes noyé ?
- Non. Je suis un noyer. L'arbre. Je suis un arbre. "
Il y eut un frisson de l'air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur
l'épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturisé
l'ange malicieux qui m'avait visité.
Tous les trois, l'oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri
longtemps, longtemps...
Le fou rire, quoi ! 


C’est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d’argent
La lunette d’un microscope
Et tous ces petits êtres qui courent
Car chacun vaque à son destin
Petits ou grands
Comme durant les siècles égyptiens
Péniblement
À porter mille fois son point sur le i
Sous la chaleur et dans le vent
Dans le soleil ou dans la nuit
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Voyez-vous ces êtres vivants ?
Quelqu’un a inventé ce jeu
Terrible, cruel, captivant
Les maisons, les lacs, les continents
Comme un lego avec du vent
La faiblesse des tout-puissants
Comme un lego avec du sang
La force décuplée des perdants
Comme un lego avec des dents
Comme un lego avec des mains
Comme un lego
Voyez-vous tous ces humains ?
Danser ensemble à se donner la main
S’embrasser dans le noir à cheveux blonds
À ne pas voir demain comme ils seront
Car si la terre est ronde
Et qu’ils s’agrippent
Au-delà c’est le vide
Assis devant le restant d’une portion de frites
Noir sidéral et quelques plats d’amibes
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d’un même miroir
Vêtues d’acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Les capitales sont toutes les mêmes devenues
Aux facettes d’un même miroir
Vêtues d’acier, vêtues de noir
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Comme un lego mais sans mémoire
Pourquoi ne me réponds-tu jamais ?
Sous ce manguier de plus de dix mille pages
À te balancer dans cette cage
À voir le monde de si haut
Comme un damier, comme un lego
Comme un imputrescible radeau
Comme un insecte mais sur le dos
C’est un grand terrain de nulle part
Avec de belles poignées d’argent
La lunette d’un microscope
On regarde, on regarde, on regarde dedans
On voit de toutes petites choses qui luisent
Ce sont des gens dans des chemises
Comme durant ces siècles de la longue nuit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit
Dans le silence ou dans le bruit



. Gagnants / Perdants .
(Bonne nuit les petits)
Tous ces beaux jeux inventés
Pour passer devant les premiers
Pour que chacun soit écrasé
S’il refuse encore de plier
Les dégâts, les excès
Ils vont vous les faire payer
Les cendres qui resteront
C’est pas eux qui les ramasseront
Mais les esclaves et les cons
Qui n’auront pas pas su dire non
Nous on n’veut pas être des gagnants
Mais on acceptera jamais d’être des perdants
Pimprenelle et Nicolas
Vous nous endormez comme ça
Le marchand de sable est passé
Nous on garde un oeil éveillé
O la peur, ô le vide
O la victoire des avides
Faut pas bouger une oreille
Toutes sortes de chiens nous surveillent
Pas un geste, une esquisse
Sinon on tourne la vis
Nous on n’a rien à gagner
Mais on ne peut plus perdre puisque c’est déjà fait.
Toi qui viens de loin d’ici
Avec Ta peau et Tes os
On t’a parlé du paradis
On t’a menti, tout est faux
O mon ami o mon frère tout ce nerf
Perdu pour la guerre
Tu vas voir tout l’amour
Qui traîne au fond du discours
Dis t’en veux des papiers ?
Dis tu l’as vu mon palais ?
T’auras rien, c’est ainsi
C’est pas fait pour les perdants, le paradis
Il y a la chair à canon
Il y a la chair à spéculation
Il y a la chair à publicité
Enfin y’a tout ce que vous aimez
Vous et moi on le sait
Le spectacle est terminé
Pourtant c’était presque idéal
C’était loin du féodal
Oh maint’nant c’est foutu
Ça fait joli dans ton...
Fort intérieur c’est gênant
De rejoindre comme ça la cohorte des perdants
Il faut pas se faire d’illusions
Mais c’est mieux debout pour l’action
Et pour nos âmes, c’est égal
Dieu n’est pas dans la bataille
O messieurs les décideurs
De toutes parts, de tous côtés
Sachez que profond dans nos coeurs
On n’arrête pas le progrès
Sous l’Iris, sous la peau
Sous les ongles et dans l’étau
On pourra toujours refuser
De devenir les premiers ou les derniers
Pas de leaders triomphants
On s’ra jamais des gagnants ni des perdants
Noir Désir 2008

Le bonheur
Dans les forêts, dans les villes en braises rouges au- dessus de la mer, sur les collines parfumées, vivait une belle bête chaude et fauve qu'on appelait le bonheur. Partout elle bondissait, elle riait dans la nuit, partout elle dansait avec le feu et chantait avec les loups.
Cela se passait dans aucun temps particulier car le temps voyez-vous est une chose mystérieuse...
Cette bête mangeait tout ce que les gens lui donnaient, elle se laissait traire par eux, elle les pénétrait de son rameau doré s'ils le désiraient et elle faisait de la musique avec leurs veines et leurs cheveux.
Pourtant il y en eut quelques-uns qui la détestèrent parce qu'elle les empêchait de régner et que, étant libre et gratuite, elle cassait le marché. Alors un jour ils vinrent avec des armes, ils la capturèrent et l'enfermèrent très loin dans une cage.
Cela se passait dans aucun pays particulier car les pays voyez-vous sont des choses mystérieuses...
Pour que les gens ne se révoltent pas, ils fabriquèrent d'innombrables copies de la bête. Pour qu'ils en soient dégoûtés, qu'ils n'y comprennent plus rien et qu'ils l'oublient, ils la firent bien mauvaise.
La fausse bête se mit à roucouler, à jouer au bridge, à vendre le soir dans les rues ses tristes appas, à chanter des opérettes et à porter des rubans roses comme on en met dans les cheveux des petites filles pour les empêcher d'être ce qu'elles sont elles-mêmes : des grandes bêtes chaudes et fauves.
Les gens devinrent amers et tristes, ils ricanèrent, s'empiffrèrent de gâteaux, se tapèrent dessus avec rage et beaucoup se moquèrent du caniche appelé bonheur, de la perruche appelée bonheur.
Puis ils oublièrent le Bonheur comme c'était prévu dans le plan, excepté quelques-uns que l'on mit à l'hôpital.
Pourtant dans les yeux de tous les bébés on peut voir se refléter l'image de la terrible bête et il parait que sa chaleur en vérité est telle que les barreaux de sa cage sont en train de fondre là-bas très loin où les soldats l'ont laissée.
J'ai rencontré une vieille, vieille dame qui n'espérait plus la voir arriver de son vivant "mais, me dit- elle, je sais qu'elle existe et après tout c'est l'essentiel"
Comme elle allait bientôt mourir, elle ne pouvait pas mentir.
Le propriétaire
Reposons-nous sur cette terre Car la mort est un long voyage Sur un océan de poussière Très loin très loin de nos rivages
La vie est pour le voyageur Une plage bien douce et fraîche Où il peut trouver dans les fleurs Un corps tout neuf et quelques pêches.
Remercie le propriétaire Pour les leçons dans les ordures Pour l'amour dans les pissotières Pour les lumières qui suppurent.
Pour les bombes et les barbelés
Pour les têtes décapitées Pour les enfants sénilités Pour les étoiles déportées Les paysans dépaysés.
.Areski-Fontaine.
Imaginez
Imaginez qu'il n'y a aucun Paradis,
C'est facile si vous essayez,
Aucun enfer en dessous de nous,
Au dessus de nous seulement le ciel,
Imaginez tous les gens,
Vivant pour aujourd'hui...
Imaginez qu'il n'y a aucun pays,
Ce n'est pas dur à faire,
Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir,
Aucune religion non plus,
Imaginez tous les gens,
Vivant leurs vies dans la paix...
Vous pouvez dire que je suis un rêveur,
Mais je ne suis pas le seul,
J'espère qu'un jour vous nous rejoindrez,
Et que le monde vivra uni
Imaginez aucunes possessions,
Je me demande si vous le pouvez,
Aucun besoin d'avidité ou de faim,
Une fraternité humaine,
Imaginez tous les gens,
Partageant tout le monde...
Vous pouvez dire que je suis un rêveur,
Mais je ne suis pas le seul,
J'espère qu'un jour vous nous rejoindrez,
Et que le monde vivra uni
John lennon
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.LES GUERRIERS.
Jusqu'alors la paix Avait réussi à s'imposer Et là... Levée de boucliers
Début Novembre ils l'ont annoncé Que dès Décembre ils vont recruter
Ils vont reprendre, ils vont recruter Pour faire des membres Dans le corps de l'armée
Il y a ceux qui partent Et puis ceux qui vont rester
Mais vous savez c'est appréciable On va pouvoir visiophoner Car ils emmèneront leurs portables Et on pourra communiquer
Il y a les ennemis de la guerre Et puis ceux qui ne croient pas à la paix
On est là, on se requinque On est tous rassemblés Et devant le zingue Y a des exaltés
Que leurs armes Soient aussi belles Que fatale leur puissance mortelle Que leurs tenues resplendissent Carapaces fluidifiées Que le soleil les fasse briller A la hauteur de leur courage Ça passera mieux à l'image On pleurera quand ils faiblissent On les verra miroiter Dans les sites embataillés Ça fera peur aux esprits faibles Et renforcera les cœurs vaillants
Et c'est sûr, on le sait Les civils vont morfler On sait bien que la chair
Est une des matières premières De la guerre, c'est clair Dans l'horreur du monde en fureur
Mais oui, Madame Y aura même des femmes Qu'on verra s'entrainer En direct à la télé
Voyez le bataillon des Amazones Pilotant des ordinateurs Et guerroyant dans des zones Où même un homme aurait peur Oui dès Décembre ils vont recruter Pour se défendre et pour attaquer Des ailes volantes Triangles noir mat Oh terrifiantes Passeront en rase-motte
Et on verra Des guerriers flamboyants Casqués de verre Et gantés de blanc Militaires de carrière Dans l'enfer du monde en colère Jusqu'à ce que revienne La paix
Paroles : C.Ringer. Musique F.Chichin.
L'EUROPE
Les sangliers sont lâchés.
Les petits patrons font les grandes rivières de diamant. Les roses de l'Europe sont le festin de Satan. Nous travaillons actuellement pour l'Europe. Voire pour le monde.
Chère vieille Europe, cher vieux continent, putain autoritaire, aristocrate et libertaire, bourgeoise et ouvrière, pourpre et pomponnée des grands siècles et colosses titubants. Regarde tes épaules voûtées, pas moyen d'épousseter d'un seul, geste, d'un seul, les vieilles pellicules, les peaux mortes d'hier et tabula rasa...D'ici on pourrait croire à de la pourriture noble et en suspension. Il flotte encore dans l'air de cette odeur de soufre.
Sale vieille Europe, celle qui entre deux guerres et même encore pendant caressait pour son bien le ventre des pays de ses lointains ailleurs et la bite à la main arrosait de son sperme les sexes autochtones.
On se relève de ça ? On se relève de tout même des chutes sans fond.
Nous avons su monter nous avons su descendre, nous pouvons arrêter et nous pouvons reprendre... Europe des lumières ou alors des ténèbres; à peine des lucioles dans les théâtres d'ombre. A peine une étincelle dans la nuit qui s'installe et puis se ressaisit, et puis l'aube nouvelle, après les crimes d'enfance, les erreurs de jeunesse on n'arrache plus les ailes des libellules d'or.
Nous travaillons actuellement pour l'Europe. Voire pour le monde.
Amnistie, amnistie ou alors amnésie, qu'est ce que vous voulez que ça foute, de toutes façons il faut bien avancer, pressons l'pas camarade et puis réalisons réalisons, il en restera toujours quelque chose allez ! Matérialiste alors ça fait qu'au moins on est sûr de n'pas se tromper, et du tangible alors jusqu'à l'indigestion, du rationnel alors et jusqu'à en crever, des logiques implacables mais toujours pas de sens... Eh princesse de l'Histoire dans sa marche forcée, on finit par se perdre en passant sous tes arches multiséculaires.
Voire pour le monde. Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
On, est passé de tes arcanes passées, passé de tes arcanes passées, on est passé de tes arcanes passées, aux charmes technocrates... Alors l'Europe alors l'Europe alors l'Europe alors. Bruxelles, Schengen, Strasbourg, Maastricht, PIB, PIB, CEE, Euratom, OCDE et GATT. Protégez-nous marché de cet AMI commun d'un monde si petit.
Euromonnaie unique, Nasdaq et CAC 40, orgiaque, idyllique, faites de la poésie, soutenez la culture, produisez du spectacle et de l'entertainment comme on dit chez nos frères d'outre-atlantique et toc anciens Européens, nouveaux maîtres du monde pendant que le dragon asiatique rêve, fait ses étirements, il est beau et puissant, crache du feu gentiment.
Pendant qu'Ernest Antoine Seillière fait son apparition et nous déclare sa flamme il nous aime et nous dit: " Nous ne sommes pas comme les politiques soumis à la pression de ta rue " Et on entend au loin résonner les clameurs de la foule, les beaux mouvements d'ensemble, les défilés glorieux et puis la lutte des classes. Et maintenant c'est sérieux, eh bébé, c'est sérieux, on ne croit plus en rien, nous montons de toutes pièces ce business et Basta, on chevauche pas Pégase ça c'était pour l'extase et l'extase c'est fini. Extension, expansion si possible, mais pas de rêve à porter seulement des dynamiques. D'abord la thune, bébé et le resesuivra et le reste viendra c'est ce qu,'on dit je crois en cette époque là bénie des glabophages.
Chère vieille Europe, ta tête connaît à peine tes jambes qui souvent ne comprennent pas tes bras comment ça marche encore déjà. Comment ça marche un corps étranger à son corps on n'sait pas on s'en fout on s'embrasse quand même et puis on a raison.
Sale vieille Europe, te souviens-tu de la force brutale, occident mal luné, guerre brûlante, guerre froide, et enfin de guerre lasse et enfin de guerre lasse.
Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
En veux-tu en voilà des écoles de la / performance et voilà des patrons créateurs du Global business dialogue ou Electronic commerce pour s'asseoir en gloussant sur toutes les exceptions à commencer par ce truc machin culturel.
Histoires de producteurs et de consommateurs, du producteur au consommateur, du producteur au consommateur,et des intermédiaires à plus savoir qu'en foutre, toute ton âme s'est usée sur ce chemin sans fin et sur ce va et vient, viens on y va, nous aussi, profiter, pas de raison, après tout ça ira, on n'en aura pour tout le monde, y'en aura pour tout le monde, on a dit pour tout le monde, pour tout le monde, pour tout l'monde et mon cul !
A quelle hauteur vas-tu ériger tes remparts ? Où vas-tu repousser tes nouveaux murs d'enceinte ? Quelque chose est resté en travers de la gorge et nous voulons cracher c'est la moindre des choses mais vous pouvez, madame, vous adressez à nous car tout n'est pas perdu non tout n'est pas perdu de vos mythes d'aurore ici le soleil brille pour tous et on y croit.
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ne sont Plus entendus au banquet des banquiers. .La marmite de l'ermite remplie de rubis. La vieille Europe est la maquerelle des ballets roses. Quand les sirènes se taisent, les rapaces gueulent. Le rouge et le naît des tortures sont les fleurs du mal. Le jour de l'Occident est la nuit de l'Orient. Je ne suis pas chauvine Mais la France est quand même la reine des fromages. Tryphon Tournesol est un zouave. Le sang versé est la tasse de thé des géants de la foire. Merde à la sûreté. La folie des grandeurs tue les merles moqueurs. Si vous ne trouvez plus rien a cherchez autre chose.
Paix en Suisse. Les noces de sang incendient l'horizon Le rimel de l'Europe coule sur les plastrons
La vie commence maintenant, Et maintenant, et maintenant.
L'Europe est une petite déesse mortelle. L'enfance de l'art est un lever de soleil.
Nous travaillons actuellement pour l'Europe
.Noir Désir-Fontaine.
  
Comme un ange qui voudrait devenir monstre
10.000 tonnes de bombes sur la conscience
Comme un ange qui voudrait détruire le monde
Je m étonne d’être encore en vie à chaque seconde
Hiroshima girl / Nagasaki boys
nous marchons nus dans la lumière
Dans cette chimie particulière
Peu importe d’être esclave ou maître
Sans doute dans cette chimie particulière faite de tout ce qu’on redoute nous tuons tout ce que l’on touche.
Voici l’homme le destructeur du monde est arrivé.
Il n’existe aucune limite, sacrée ou non, à l’action de l’homme dans l’univers.
Depuis les origines l’humanité à le choix être aveuglée par la vérité ou coudre ses paupières.
Nous contemplons l’injustice comme au zoo.
Le matin était clair et absolument beau
Tu voulais préserver ton indépendance
Je t'attendais en regardant les oiseaux
Quoi que je fasse, il y aurait de la souffrance
Après-midi de fausse joie
Et les corps qui se désunissent
Tu n'as plus très envie de moi
Nos regards ne sont plus complices
Oh ! La séparation, la mort
Dans nos regards entrecroisés
La lente désunion des corps
Ce bel après midi de l'été
Les petits objets nettoyés
Traduisent un état de non-être
J'attends que tu veuilles réapparaître
Seul dans le bruit de l'impasse
Je parle seul. Qu'est-ce que je dis ?
La vie est rare, la vie est rare
Pourquoi ne pouvons-nous jamais
Jamais
Être aimés ?
Maintenant, je préfère La nuit
Je sens chaque matin monter la lassitude
J'entre dans la région des grandes solitudes
Je ne désire plus qu'une paix sans victoire
Vivre sans point d’appui, entouré par le vide
La nuit descend sur moi comme une couverture
Mon désir se dissout dans ce contact obscur
Je traverse la nuit, attentif et lucide
Tranquille et hors d’atteinte
Pourquoi ne pouvons-nous jamais
jamais......
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