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    Plume d'Ange

    Vous voyez cette plume ?
    Eh bien, c'est une plume... d'ange
    Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
    Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
    Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l'air.
    J'ouvre les yeux, que vois-je ?
    Dans l'obscurité de la chambre, des myriades d'étincelles... Elles s'en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques,
    un point situé devant mon lit.
    Rapidement, de l'accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
    Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les grandes ailes
    de lait.
    Comme une flèche d'un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit :
    "C'est une plume d'ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
    Qu'un seul humain te croie et ce monde malheureux s'ouvrira au monde de la joie.
    Qu'un seul humain te croie avec ta plume d'ange.
    Adieu et souviens-toi : la foi est plus belle que Dieu. "
    Et l'ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
    Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d'extase, lissant la plume, la respirant.
    En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d'une passion néfaste.
    J'allume, je la réveille :
    "Mon amour, mon amour, regarde cette plume... C'est une plume d'ange ! Oui ! Un ange était là... Il vient de me la donner... Oh
    ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse... Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et tu
     vas voir... le monde ! "
    La belle, le visage obscurci de cheveux, d'araignées de sommeil, me répondit :
    "Fous-moi la paix... Je voudrais dormir... Et cesse de fumer ton satané Népal ! "
    Elle me tourne le dos et merde !
    Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
    Je montrai ma plume à l'Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considération administrative.
    Je sonne.
    Voici mon ami André.
    Posément, avec précision, je vidais mon sac biblique, mon oreiller céleste :
    "Tu m'entends bien, André, qu'on me prenne au sérieux et l'humanité tout entière s'arrache de son orbite de malédiction guerroyante
     et funeste. A dégager ! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent ! "
    André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m'entraîna dans la cuisine et devant un café, m'expliqua que moi
    sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
    Le repos... L'air de la campagne... Avec les oiseaux précisément, les vrais !
    Je me retrouve dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
    Que dire ? Que faire ?
    " Monsieur l'agent, regardez, c'est une plume d'ange. "
    Il me croit !
    Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s'aplatissent. Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs
    volants et s'embrassent en sanglotant.
    Soyons sérieux !
    Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci ? La petite dame ?
    Et soudain l'idée m'envahit, évidente, éclatante... Abandonnons les hommes !
    Adressons-nous aux enfants ! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.
    Les enfants... Oui, mais lequel ?
    Je marchais toujours, je marchais encore. Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de
    visages d'enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
    Je marchais, je volais... Le vent de mes pas feuilletait Paris... Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
    Ceux de la rue Saint-Vincent... Les escaliers de Montmartre. Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Cenis.
    Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
    Faussement paternel, j'attends, moi aussi.
    Les voilà.
    Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés. Mon regard papillonne de frimousses en minois ,
    quêtant une révélation.
    Sur le seuil de l'école, une petite fille s'est arrêtée. Dans la vive lumière d'avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un
    peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
    Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
    Alors j'ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle les escaliers de la Butte.
    A quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
    Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.
    Le lendemain je revins à la sortie de l'école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
    Elle s'appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l'aborder. Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée,
    ma pâleur mortelle, vitale ?
    Alors, qu'est-ce que je fais ? Je me tue ? Je l'avale, ma plume ? Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste ?
    Et puis un jeudi, je me suis dit : je lui dis.
    Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
    J'ai précipité mon pas, j'ai tendu ma main vers la tête frisée... Au moment où j'allais l'atteindre, sur ma propre épaule, une
    pesante main s'est abattue.
    Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau : "Suivez-nous."

    Le commissariat.
    Vous connaissez les commissariats ?
    Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich...
    Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
    Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait les r :
    " Asseyez-vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous. Alors comme ça, on suit les petites filles ?
    - Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m'a fait m'approcher de cette enfant
    Je sors ma plume et j'y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
    - Fanny, j'en suis certain, m'aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c'était fini
    envolé !
    - Voyons l'objet, me dit le commissaire.
    D'entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
    - C'est de l'oie, ça..., me dit-il, je m'y connais, je suis du Périgord.
    - Monsieur, ce n'est pas de l'oie, c'est de l'ange, vous dis-je !
    - Calmez-vous ! Calmez-vous ! Mais vous avouerez tout de même qu'une telle affirmation exige d'être appuyée par un minimum d'en
    quête, à défaut de preuve.
    Vous allez patienter un instant. On va s'occuper de vous. Gentiment hein ? Gentiment. "

    On s'est occupé de moi, gentiment.
    Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l'on m'héberge depuis un mois.
    Parmi les divers siphonnés qui s'ébattent ou s'abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine. C'est un vieil
    homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban. Parfois, il étend lentement le
    s bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
    J'ai fini par m'approcher de lui, par lui adresser la parole.
    Aujourd'hui, nous sommes amis. C'est un type surprenant, un savant, un poète.
    Vous dire qu'il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c'est peu dire.
    De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les mystiques,
    les métaphysiques, les philosophies s'unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.
    Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l'eau fraîche et limpide de l'intelligence alliée
    à l'amour, je remonte.
    Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des noix, de grosses noix qu'il brise d'un seul coup
    dans sa paume, crac ! Pour me les offrir.

    Un jour où il me parle d'ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l'écoute plus.
    Un grand silence se fait en moi.
    Mais cet homme dont l'ange t'a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c'est lui, il est là, devant toi !
    Sans hésiter, je sors la plume.
    Les yeux mordorés lancent une étincelle.
    Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
    " Quel magnifique spécimen de plume d'ange, vous avez là, mon ami.
    - Alors vous me croyez ? Vous le savez !
    - Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s'y méprendre.
    Je puis même ajouter qu'il s'agit d'une penne d'Angélus Maliciosus.
    - Mais alors ! Puisqu'il est dit qu'un homme me croyant, le monde est sauvé...
    - Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
    - Vous n'êtes pas un homme ?
    - Nullement, je suis un noyer.
    - Vous êtes noyé ?
    - Non. Je suis un noyer. L'arbre. Je suis un arbre. "

    Il y eut un frisson de l'air.
    Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l'épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturisé
     l'ange malicieux qui m'avait visité.
    Tous les trois, l'oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps...
    Le fou rire, quoi !



    Comme un lego



    C’est un grand terrain de nulle part
    Avec de belles poignées d’argent 
    La lunette d’un microscope
    Et tous ces petits êtres qui courent
     
    Car chacun vaque à son destin
    Petits ou grands
    Comme durant les siècles égyptiens
    Péniblement
     
    À porter mille fois son point sur le i
    Sous la chaleur et dans le vent
    Dans le soleil ou dans la nuit
    Voyez-vous ces êtres vivants ?
    Voyez-vous ces êtres vivants ?
    Voyez-vous ces êtres vivants ?
     
    Quelqu’un a inventé ce jeu
    Terrible, cruel, captivant
    Les maisons, les lacs, les continents
    Comme un lego avec du vent
     
    La faiblesse des tout-puissants
    Comme un lego avec du sang
    La force décuplée des perdants
    Comme un lego avec des dents
    Comme un lego avec des mains
    Comme un lego
     
    Voyez-vous tous ces humains ?
    Danser ensemble à se donner la main
    S’embrasser dans le noir à cheveux blonds
    À ne pas voir demain comme ils seront
    Car si la terre est ronde
    Et qu’ils s’agrippent
     
    Au-delà c’est le vide
    Assis devant le restant d’une portion de frites
    Noir sidéral et quelques plats d’amibes
     
    Les capitales sont toutes les mêmes devenues
    Aux facettes d’un même miroir
    Vêtues d’acier, vêtues de noir
    Comme un lego mais sans mémoire
    Comme un lego mais sans mémoire
    Comme un lego mais sans mémoire
     
    Les capitales sont toutes les mêmes devenues
    Aux facettes d’un même miroir
    Vêtues d’acier, vêtues de noir
    Comme un lego mais sans mémoire
    Comme un lego mais sans mémoire
    Comme un lego mais sans mémoire
     
    Pourquoi ne me réponds-tu jamais ?
    Sous ce manguier de plus de dix mille pages
    À te balancer dans cette cage
     
    À voir le monde de si haut
    Comme un damier, comme un lego
    Comme un imputrescible radeau
    Comme un insecte mais sur le dos
     
    C’est un grand terrain de nulle part
    Avec de belles poignées d’argent
    La lunette d’un microscope
    On regarde, on regarde, on regarde dedans
     
    On voit de toutes petites choses qui luisent
    Ce sont des gens dans des chemises
    Comme durant ces siècles de la longue nuit
    Dans le silence ou dans le bruit
    Dans le silence ou dans le bruit
    Dans le silence ou dans le bruit


     

     




    Gagnants-Perdants




    . Gagnants / Perdants .

    (Bonne nuit les petits)

     

    Tous ces beaux jeux inventés

    Pour passer devant les premiers

    Pour que chacun soit écrasé

    S’il refuse encore de plier

    Les dégâts, les excès

    Ils vont vous les faire payer

    Les cendres qui resteront

    C’est pas eux qui les ramasseront

    Mais les esclaves et les cons

    Qui n’auront pas pas su dire non

     

    Nous on n’veut pas être des gagnants

    Mais on acceptera jamais d’être des perdants

     

    Pimprenelle et Nicolas

    Vous nous endormez comme ça

    Le marchand de sable est passé

    Nous on garde un oeil éveillé

    O la peur, ô le vide

    O la victoire des avides

    Faut pas bouger une oreille

    Toutes sortes de chiens nous surveillent

    Pas un geste, une esquisse

    Sinon on tourne la vis

    Nous on n’a rien à gagner

    Mais on ne peut plus perdre puisque c’est déjà fait.

     

    Toi qui viens de loin d’ici

    Avec Ta peau et Tes os

    On t’a parlé du paradis

    On t’a menti, tout est faux

    O mon ami o mon frère tout ce nerf

    Perdu pour la guerre

    Tu vas voir tout l’amour

    Qui traîne au fond du discours

     

    Dis t’en veux des papiers ?

    Dis tu l’as vu mon palais ?

    T’auras rien, c’est ainsi

    C’est pas fait pour les perdants, le paradis

     

    Il y a la chair à canon

    Il y a la chair à spéculation

    Il y a la chair à publicité

    Enfin y’a tout ce que vous aimez

    Vous et moi on le sait

    Le spectacle est terminé

    Pourtant c’était presque idéal

    C’était loin du féodal

    Oh maint’nant c’est foutu

    Ça fait joli dans ton...

    Fort intérieur c’est gênant

    De rejoindre comme ça la cohorte des perdants

     

    Il faut pas se faire d’illusions

    Mais c’est mieux debout pour l’action

    Et pour nos âmes, c’est égal

    Dieu n’est pas dans la bataille

    O messieurs les décideurs

    De toutes parts, de tous côtés

    Sachez que profond dans nos coeurs

    On n’arrête pas le progrès

    Sous l’Iris, sous la peau

    Sous les ongles et dans l’étau

    On pourra toujours refuser

    De devenir les premiers ou les derniers

     

    Pas de leaders triomphants

    On s’ra jamais des gagnants ni des perdants

     

    Noir Désir 2008

     


    .Le Bonheur et le propriétaire.

     

     

    Rosemerlette

    Le bonheur

    Dans les forêts,
    dans les villes en braises rouges
    au- dessus de la mer,
    sur les collines parfumées,
    vivait une belle bête chaude et fauve
    qu'on appelait le bonheur.
    Partout elle bondissait,
    elle riait dans la nuit,
    partout elle dansait avec le feu
    et chantait avec les loups.

    Cela se passait dans aucun temps particulier
    car le temps voyez-vous est une chose mystérieuse...

    Cette bête mangeait
    tout ce que les gens lui donnaient,
    elle se laissait traire par eux,
    elle les pénétrait de son rameau doré
    s'ils le désiraient
    et elle faisait de la musique
    avec leurs veines et leurs cheveux.

    Pourtant il y en eut quelques-uns qui la détestèrent
    parce qu'elle les empêchait de régner
    et que, étant libre et gratuite, elle cassait le marché.
    Alors un jour ils vinrent avec des armes,
    ils la capturèrent
    et l'enfermèrent
    très loin dans une cage.

    Cela se passait dans aucun pays particulier
    car les pays voyez-vous sont des choses mystérieuses...

    Pour que les gens ne se révoltent pas,
    ils fabriquèrent
    d'innombrables copies de la bête.
    Pour qu'ils en soient dégoûtés,
    qu'ils n'y comprennent plus rien
    et qu'ils l'oublient,
    ils la firent bien mauvaise.

    La fausse bête
    se mit à roucouler,
    à jouer au bridge,
    à vendre
    le soir dans les rues ses tristes appas,
    à chanter des opérettes
    et à porter des rubans roses
    comme on en met dans les cheveux des petites filles
    pour les empêcher d'être
    ce qu'elles sont elles-mêmes :
    des grandes bêtes chaudes et fauves.

    Les gens devinrent amers et tristes,
    ils ricanèrent, s'empiffrèrent de gâteaux,
    se tapèrent dessus avec rage
    et beaucoup se moquèrent
    du caniche appelé bonheur,
    de la perruche appelée bonheur.

    Puis ils oublièrent le Bonheur
    comme c'était prévu dans le plan,
    excepté quelques-uns que l'on mit à l'hôpital.

    Pourtant
    dans les yeux de tous les bébés
    on peut voir se refléter l'image
    de la terrible bête et
    il parait que sa chaleur en vérité
    est telle que les barreaux de sa cage
    sont en train de fondre là-bas très loin où les soldats l'ont laissée.

    J'ai rencontré
    une vieille, vieille dame
    qui n'espérait plus la voir arriver de son vivant
    "mais, me dit- elle, je sais qu'elle existe
    et après tout c'est l'essentiel"

    Comme elle allait bientôt mourir,
    elle ne pouvait pas mentir.

     Le propriétaire

    Reposons-nous sur cette terre
    Car la mort est un long voyage
    Sur un océan de poussière
    Très loin très loin de nos rivages

    La vie est pour le voyageur
    Une plage bien douce et fraîche
    Où il peut trouver dans les fleurs
    Un corps tout neuf et quelques pêches.

    Remercie le propriétaire
    Pour les leçons dans les ordures
    Pour l'amour dans les pissotières
    Pour les lumières qui suppurent.

    Pour les bombes et les barbelés

    Pour les têtes décapitées
    Pour les enfants sénilités
    Pour les étoiles déportées
    Les paysans dépaysés.

    .Areski-Fontaine.

    DCP_1644

     

     



    .Imagine.

    Imaginez

    le paradis

     

    Imaginez qu'il n'y a aucun Paradis,

    C'est facile si vous essayez,

    Aucun enfer en dessous de nous,

    Au dessus de nous seulement le ciel,

    Imaginez tous les gens,

    Vivant pour aujourd'hui...

    Imaginez qu'il n'y a aucun pays,

    Ce n'est pas dur à faire,

    Aucune cause pour laquelle tuer ou mourir,

    Aucune religion non plus,

    Imaginez tous les gens,

    Vivant leurs vies dans la paix...

    Vous pouvez dire que je suis un rêveur,

    Mais je ne suis pas le seul,

    J'espère qu'un jour vous nous rejoindrez,

    Et que le monde vivra uni

    Imaginez aucunes possessions,

    Je me demande si vous le pouvez,

    Aucun besoin d'avidité ou de faim,

    Une fraternité humaine,

    Imaginez tous les gens,

    Partageant tout le monde...

    Vous pouvez dire que je suis un rêveur,

    Mais je ne suis pas le seul,

    J'espère qu'un jour vous nous rejoindrez,

    Et que le monde vivra uni

     

    John lennon

    dalai_lama

    tibet libre

     

    *****

    *****************


      

    ****************



    .Le Guerriers.

     

     

    .LES GUERRIERS.

     

     

     

     mitsouko

    Jusqu'alors la paix
    Avait réussi à s'imposer
    Et là... Levée de boucliers

    Début Novembre ils l'ont annoncé
    Que dès Décembre ils vont recruter

    Ils vont reprendre, ils vont recruter
    Pour faire des membres
    Dans le corps de l'armée

    Il y a ceux qui partent
    Et puis ceux qui vont rester

    Mais vous savez c'est appréciable
    On va pouvoir visiophoner
    Car ils emmèneront leurs portables
    Et on pourra communiquer

    Il y a les ennemis de la guerre
    Et puis ceux qui ne croient pas à la paix

    On est là, on se requinque
    On est tous rassemblés
    Et devant le zingue
    Y a des exaltés

    Que leurs armes
    Soient aussi belles
    Que fatale leur puissance mortelle
    Que leurs tenues resplendissent
    Carapaces fluidifiées
    Que le soleil les fasse briller
    A la hauteur de leur courage
    Ça passera mieux à l'image
    On pleurera quand ils faiblissent
    On les verra miroiter
    Dans les sites embataillés
    Ça fera peur aux esprits faibles
    Et renforcera les cœurs vaillants

    Et c'est sûr, on le sait
    Les civils vont morfler
    On sait bien que la chair

    Est une des matières premières
    De la guerre, c'est clair
    Dans l'horreur du monde en fureur

    Mais oui, Madame
    Y aura même des femmes
    Qu'on verra s'entrainer
    En direct à la télé

    Voyez le bataillon des Amazones
    Pilotant des ordinateurs
    Et guerroyant dans des zones
    Où même un homme aurait peur
    Oui dès Décembre ils vont recruter
    Pour se défendre et pour attaquer
    Des ailes volantes
    Triangles noir mat
    Oh terrifiantes
    Passeront en rase-motte

    Et on verra
    Des guerriers flamboyants
    Casqués de verre
    Et gantés de blanc
    Militaires de carrière
    Dans l'enfer du monde en colère
    Jusqu'à ce que revienne
    La paix

     

    Paroles : C.Ringer. Musique F.Chichin.

     

    .L' Europe.

      g8 dessin

    L'EUROPE

    Les sangliers sont lâchés.

    Les petits patrons font les grandes rivières
    de diamant.
    Les roses de l'Europe sont le festin de Satan.
    Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
    Voire pour le monde.

    Chère vieille Europe, cher vieux continent, putain
    autoritaire, aristocrate et libertaire, bourgeoise et
    ouvrière, pourpre et pomponnée des grands siècles
    et colosses titubants. Regarde tes épaules voûtées,
    pas moyen d'épousseter d'un seul, geste, d'un seul,
    les vieilles pellicules, les peaux mortes d'hier et
    tabula rasa...D'ici on pourrait croire à de la
    pourriture noble et en suspension. Il flotte encore
    dans l'air de cette odeur de soufre.

    Sale vieille Europe, celle qui entre deux guerres et
    même encore pendant caressait pour son bien le
    ventre des pays de ses lointains ailleurs et la bite à la
    main arrosait de son sperme les sexes autochtones.

    On se relève de ça ? On se relève de tout même des chutes sans fond.

    Nous avons su monter nous avons su descendre,
    nous pouvons arrêter et nous pouvons reprendre...
    Europe des lumières ou alors des ténèbres; à peine
    des lucioles dans les théâtres d'ombre. A peine une
    étincelle dans la nuit qui s'installe et puis se ressaisit,
    et puis l'aube nouvelle, après les crimes d'enfance,
    les erreurs de jeunesse on n'arrache plus les ailes
    des libellules d'or.

    Nous travaillons actuellement pour l'Europe.
    Voire pour le monde.

    Amnistie, amnistie ou alors amnésie, qu'est ce que
    vous voulez que ça foute, de toutes façons il faut
    bien avancer, pressons l'pas camarade et puis réalisons
    réalisons, il en restera toujours quelque chose allez !
    Matérialiste alors ça fait qu'au moins on est
    sûr de n'pas se tromper, et du tangible alors jusqu'à
    l'indigestion, du rationnel alors et jusqu'à en crever,
    des logiques implacables mais toujours pas de sens...
    Eh princesse de l'Histoire dans sa marche forcée, on
    finit par se perdre en passant sous tes arches multiséculaires.

    Voire pour le monde.
    Nous travaillons actuellement pour l'Europe.

    On, est passé de tes arcanes passées, passé de tes
    arcanes passées, on est passé de tes arcanes passées,
    aux charmes technocrates... Alors l'Europe alors
    l'Europe alors l'Europe alors.
    Bruxelles, Schengen, Strasbourg, Maastricht, PIB,
    PIB, CEE, Euratom, OCDE et GATT. Protégez-nous
    marché de cet AMI commun d'un monde si petit.

    Euromonnaie unique, Nasdaq et CAC 40, orgiaque,
    idyllique, faites de la poésie, soutenez la culture,
    produisez du spectacle et de l'entertainment
    comme on dit chez nos frères d'outre-atlantique
    et toc anciens Européens, nouveaux maîtres du
    monde pendant que le dragon asiatique rêve,
    fait ses étirements, il est beau et puissant,
    crache du feu gentiment.

    Pendant qu'Ernest Antoine Seillière fait son apparition
    et nous déclare sa flamme il nous aime et nous
    dit: " Nous ne sommes pas comme les politiques
    soumis à la pression de ta rue "
    Et on entend au loin résonner les clameurs de la
    foule, les beaux mouvements d'ensemble, les défilés
    glorieux et puis la lutte des classes.
    Et maintenant c'est sérieux, eh bébé, c'est sérieux,
    on ne croit plus en rien, nous montons de toutes
    pièces ce business et Basta, on chevauche pas
    Pégase ça c'était pour l'extase et l'extase c'est fini.
    Extension, expansion si possible, mais pas de rêve
    à porter seulement des dynamiques.
    D'abord la thune, bébé et le resesuivra et le reste
    viendra c'est ce qu,'on dit je crois en cette époque
    là bénie des glabophages.

    Chère vieille Europe, ta tête connaît à peine tes
    jambes qui souvent ne comprennent pas tes bras
    comment ça marche encore déjà. Comment ça
    marche un corps étranger à son corps on n'sait pas
    on s'en fout on s'embrasse quand même et puis on a raison.

    Sale vieille Europe, te souviens-tu de la force brutale,
    occident mal luné, guerre brûlante, guerre froide, et
    enfin de guerre lasse et enfin de guerre lasse.

    Nous travaillons actuellement pour l'Europe.

    En veux-tu en voilà des écoles de la / performance
    et voilà des patrons créateurs du Global business
    dialogue ou Electronic commerce pour s'asseoir en
    gloussant sur toutes les exceptions à commencer
    par ce truc machin culturel.

    Histoires de producteurs et de consommateurs,
    du producteur au consommateur, du producteur au
    consommateur,et des intermédiaires à plus savoir
    qu'en foutre, toute ton âme s'est usée sur ce chemin
    sans fin et sur ce va et vient, viens on y va, nous
    aussi, profiter, pas de raison, après tout ça ira, on n'en
    aura pour tout le monde, y'en aura pour tout le
    monde, on a dit pour tout le monde, pour tout le
    monde, pour tout l'monde
    et mon cul !

    A quelle hauteur vas-tu ériger tes remparts ?
    Où vas-tu repousser tes nouveaux murs d'enceinte ?
    Quelque chose est resté en travers de la gorge et nous
    voulons cracher c'est la moindre des choses mais vous
    pouvez, madame, vous adressez à nous
    car tout n'est pas perdu non tout n'est pas perdu de
    vos mythes d'aurore ici le soleil brille pour tous
    et on y croit.

    Les soupirs de la sainte et les cris de la fée ne sont
    Plus entendus au banquet des banquiers.
    .La marmite de l'ermite remplie de rubis.
    La vieille Europe est la maquerelle des ballets roses.
     
    Quand les sirènes se taisent, les rapaces gueulent.
    Le rouge et le naît des tortures sont les fleurs du mal.
     Le jour de l'Occident est la nuit de l'Orient.
     Je ne suis pas chauvine
    Mais la France est quand même la reine des fromages.
    Tryphon Tournesol est un zouave.
    Le sang versé est la tasse de thé des géants de la foire.
    Merde à la sûreté.
     La folie des grandeurs tue les merles moqueurs.
     Si vous ne trouvez plus rien a cherchez autre chose.

    Paix en Suisse.
    Les noces de sang incendient l'horizon
     
    Le rimel de l'Europe coule sur les plastrons

    La vie commence maintenant,
    Et maintenant, et maintenant.

    L'Europe est une petite déesse mortelle.
    L'enfance de l'art est un lever de soleil.

    Nous travaillons actuellement pour l'Europe

    .Noir Désir-Fontaine.

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    No one is innocent

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    Comme un ange qui voudrait devenir monstre

    10.000 tonnes de bombes sur la conscience

    Comme un ange qui voudrait détruire le monde

    Je m étonne d’être encore en vie à chaque seconde

    Hiroshima girl / Nagasaki boys

    nous marchons nus dans la lumière

    Dans cette chimie particulière

    Peu importe d’être esclave ou maître

    Sans doute dans cette chimie particulière faite de tout ce qu’on redoute nous tuons tout ce que l’on touche.

    Voici l’homme le destructeur du monde est arrivé.

     

    Il n’existe aucune limite, sacrée ou non, à l’action de l’homme dans l’univers.

    Depuis les origines l’humanité à le choix être aveuglée par la vérité ou coudre ses paupières.

    Nous contemplons l’injustice comme au zoo.

     


     

    Lulu-

     

    Une sensation

     
     
    chauve
     
    Le matin était clair et absolument beau
    Tu voulais préserver ton indépendance
    Je t'attendais en regardant les oiseaux
    Quoi que je fasse, il y aurait de la souffrance
    Après-midi de fausse joie
    Et les corps qui se désunissent
    Tu n'as plus très envie de moi
    Nos regards ne sont plus complices
    Oh ! La séparation, la mort
    Dans nos regards entrecroisés
    La lente désunion des corps
    Ce bel après midi de l'été
    Les petits objets nettoyés
    Traduisent un état de non-être
    J'attends que tu veuilles réapparaître
    Seul dans le bruit de l'impasse
    Je parle seul. Qu'est-ce que je dis ?
    La vie est rare, la vie est  rare
    Pourquoi ne pouvons-nous jamais
    Jamais
    Être aimés ?
    Maintenant, je préfère La nuit
    Je sens chaque matin monter la lassitude
    J'entre dans la région des grandes solitudes
    Je ne désire plus qu'une paix sans victoire
    Vivre sans point d’appui, entouré par le vide
    La nuit descend sur moi comme une couverture
    Mon désir se dissout dans ce contact obscur
    Je traverse la nuit, attentif et lucide
    Tranquille et hors d’atteinte
    Pourquoi ne pouvons-nous jamais
    jamais......
     
     
    Tête en bas