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    Léo Ferré et Pépée Ferré (suite)



    L'éternité d'un instant


        Tu causes...tu causes
           et puis tu flanches
             dans le no man's land ou
                  dans le désespoir appris a l'école
                       et dans la vie.
      L'ivresse de l'attente
       ne va pas sans le concept de tragédie.
         Les gens qui rient ne sont pas intéressants.
              Ils s'arrêtent, un jour ou l'autre.
                                   Les gens qui attendent la quadratures du cercle
                                       finissent toujours par trouver...pas grand chose,
                                                   à part cette soumission au futur qui se chiffre,
                                                            tant bien que mal,
                       en une équation incomprise
                                            ou dans le rejet total du lendemain. Le suicide ?
    De la littérature, aussi même simpliste :

                            " Tu vas bien ?
                                    - Et toi ? "



                   

    On retrouve dans la chanson les étrangers, un passage sur Pépée.
                                                              "Ma maman m'a cousu une gueule de chimpanzé.
                          Si t'as la gueule d'un bar je m'appelle Pépée Ferré ".







    Madeleine, Pépée et Léo Ferré

    L'éternité d'un instant



    Cette route
          de silence.
              J'ai souvent
                   imaginé le doute,
                    coupé en deux,
                      comme ça, au milieu,
                         attendant que se lève la vérité.
                           Et ces grands arbres datés !
                               Quel âge ont-elle ces barrières hautes,

                                                             solitaires qui m'empêchent de sortir

                              de ce "doute" goudronné par les hommes.
                 Sur la route du printemps je t'attendrai la Musique
        et les oiseaux ne craindront plus qu'une sorte
    de connivence
    entre le chant et la peur.

    Viens ! PARTONS !





    Léo Ferré a ne pas confondre avec Pépée !
     
               
    http://sd-1.archive-host.com/membres/images/207965730165046521/pepee_ferre-7.gif


    A Finir...A Suivre....




    Léo Ferré et Pépée

    Ma maman  m'a cousu avec une gueule de chimpanzé
     
    Pépée- l'éternité de l'instant


    En mars 1961, Léo, lors de son premier passage à l’Alhambra, a un véritable coup de foudre pour une petite guenon.
    Nom de scène : Pépée.
    Profession : Faire-valoir dans un numéro de chimpanzés savants (The Marquis Family).

    Ils vont vite devenir inséparables. Une histoire à interloquer le bourgeois. Entre cirque et sabbat. Cet enfant qui n’est pas sorti de ses chromosomes, il l’appelle « ma fille », Pépée docce, Ysengrine, Paritance et de toutes sortes de diminutifs affectueux.
    On va bientôt savoir : qu’elle a les oreilles de Gainsbourg, des yeux comme des lucarnes, pas mal de virtuosité préhensive et, à l’heure apéritive, une certaine propension à tremper sa banane dans un verre de Cahors.
    Mi-zoolâtre, il dit, qu’elle est capable de penser et d’arrière-penser comme le font tous les chimpanzés lorsqu’ils ne sont pas en cage ou en laboratoire.
    Elle a tout ce qu’il faut pour sortir dans la littérature.

    Aux coté de Léo cigarette au bec.
    Léo Ferré- Bretagne-1963-1
    Léo Ferré- Bretagne-1963

    Toutes les provocations seront bientôt de mise faute d’être toujours admises.
    C’est elle qui, en octobre 1962, apparaît puissance, occupante sur la pochette du nouveau disque de Ferré, histoire de monter que son territoire excède maintenant les limites de la bienséance et du bon goût.
    C’est elle encore qui, en décembre, signe les invitations pour le récital du théâtre de l’ABC. Elle qu’on promène dans une voiture d’enfant, qu’on embrasse, qu’on bichonne ou qu’on manucure.


    Léo  et Pépée a Perdrigal-1964

    Perdrigal, c'est l'endroit que Léo a choisi pour arrimer son arche de l'amour, dix chien, sept vaches, quarante chats, quarante moutons, cinq chimpanzés, une chèvre, un poney, Arthur le taureau, Moïs le bouc, et le cochon Baba, un Eden animalier ou les bêtes parlent et où les hommes ont des muselières.
    Et puis, au seuil de la septième année, l’histoire dérape…………  L’arche de Perdrigal succombe à la fatalité. Madeleine, la compagne de Léo, s’en va. L’amour a cessé d’être un logiciel commun. Notre moderne Noé est impuissant devant ce nouveau déluge.
    Pépée, a soudain « les yeux de la mort ».
    Elle est abattue, le Dimanche 7 avril 1968 par un voisin (chasseur)d'une balle dans la tête tout comme Zaza, un autre chimpanzé, sur ordonnance de Madeleine qui liquidera tous les animaux.
    "Léo Ferré ne pardonnera pas à Madeleine, sa femme, il chantera Pépée en 1969 et Zaza une chanson beaucoup plus explicite qu'on retrouvera bien plus tard dans l'album posthume de Léo : Métamec ".
    Le 10 mai il chante à la Mutualité pour le gala annuel de la fédération anarchiste, comme il le fait chaque année depuis 1948. Il part vivre en Lozère, puis en Ardèche.

      Léo Ferré avec Pépée dans le lot-1964-1
    Léo  et  Pépée dans le lot-1964

    .Pépée.

    T'avais les mains comm' des raquettes
    Pépée
    Et quand j' te f' sais les ongles
    J' voyais des fleurs dans ta barbiche
    T'avais les oreill' s de Gainsbourg
    Mais toi t'avais pas besoin d'scotch
    Pour les r' plier la nuit
    Tandis que lui... ben oui !
    Pépée
    T'avais les yeux comm' des lucarnes
    Pépée
    Comme on en voit dans l' port d'Anvers
    Quand les matins ont l'âme verte
    Et qu'il leur faut des yeux d' rechange
    Pour regarder la nuit des autres
    Comme on r' gardait un chimpanzé
    Chez les Ferré
    Pépée
    T'avais le cœur comme un tambour
    Pépée
    De ceux qu'on voile le vendredi saint
    Vers les trois heures après midi
    Pour regarder Jésus-machin
    Souffler sur ses trent' trois bougies
    Tandis que toi t'en avais qu'huit
    Le sept avril
    De soixante-huit
    Pépée
    J'voudrais avoir les mains d' la mort
    Pépée
    Et puis les yeux et puis le cœur
    Et m'en venir coucher chez toi
    Ça chang' rait rien à mon décor
    On couch' toujours avec des morts
    Pépée


    Léo Ferré avec Pépée a Perdigal-1964-1



    "Vous savez, quand je parle de Pépée, c'est difficile. On a dit, sur elle, beaucoup de bêtises. Moi aussi, sans doute.
    J'ai porté à ce chimpanzé un amour inconsidéré. On m'a demandé, un jour, à la télé..., je ne sais pas où..., si j'avais aimé un être humain autant que Pépée. J'ai répondu avec un long silence et puis quelque chose comme «vous me surprenez... je ne sais pas...». C'est Pépée qui m'a dressé. Vraiment. Je l'ai eu avec moi pendant 8 ans. Pépée, c'était la mélancolie, c'était la solitude.
    On ne sait pas ce que sont les animaux. C'est pour ça, aussi, que je les aime. J'ai toujours aimé les regarder, enfermés dans leur solitude. Ça m'a toujours ému. Leur solitude, oui, c'est bien le mot.
    Et puis il n'y a pas eu que Pépée dans mon bestiaire. C'est comme ça qu'on dit, chez les gens savants! Des chiens, en particulier. Arkel, Golaud, Canaille, Egmont, et d'autres. Et Alma, la dernière, toute petite encore quand j'ai trissé vers l'azur en juillet de je ne sais plus quand.
    Un jour, vous verrez, les bêtes sauront qu'on les met dans des plats. Je l'ai dit, je l'ai chanté."
    A bientôt.
    Fraternellement.


    Léo Ferré





    Documentaire sur Pépée avec la Chanson de 1969 "Pépée"

                  

    Doc sur Pépée

              

      

        


    Perdrigal


    Les loups n’ont plus de dents, ils mangent les idées ;
    A Perdrigal les loups commentent les nouvelles :
    As-tu vu ce matin mourir une chandelle ?
    Cette étoile de cire  où meurent des années…
     
    Il en va de l’espoir comme un tapis de vert.
    Usé, l’espoir déçu se trame une autre chaîne
    Sur les brisées de ceux qui portent de la laine,
    En guise de moutons les loups vont prendre l’air.
     
    Je sais de vieux sapins qui n’ont pas leur raison,
    Ils fleurissent des jours, des mois, des parenthèses.
    Je sais des paradis perchés sur une chaise
    A scruter sous la pluie un désir de pardon…
     
    Les arbres sont polis quand j’y passe mon cœur,
    Je me les fais copains d’une ancienne habitude,
    Et mes racines se mêlant à leur étude,
    Quand je deviens forêt ils deviennent malheur.
     
    Je suis un chêne blond d’un automne déçu,
    Des perdrix pour la chasse ont mis leur feu arrière,
    Les chansons de l’été des grillons de naguère
    Grillent dans le phono vers l’Ouest descendu.
     
    Paradis Perdrigal le jaune te va bien,
    Cette couleur qui fonce a mort les ténèbres,
    Je me souviens du givré et des lundis funèbres
    Dans la voiture vers Boulogne avec les chiens…
     
    La petite larguée dans ce lycée d’Auteuil,
    Les chiens larguée au bois pour la joie des renifles,
    Dans les bois de Pershing nous rentrions « ijlifes »,
    Dévorer du pain blanc dans un café de deuil.
     
    Je ne sais pas de ciel qui ne reflète Toi,
    Je ne sais pas d’oiseau qui n’ait un cri de glaive,
    Je ne sais pas qu’un devoir qui lentement s’achève
    Avec la fin du jour, avec la fin de moi.
     
    Je ne sais pas de vent qui ne veuille baisser,
    Je ne sais pas d’oiseau que m »appelle le nid,
    Je ne sais pas qu’un bonheur enfanté dans la nuit
    Et que nous élevons avec nos bras scellés.
     
    La nature est sévère à qui la prend d’un coup ;
    Nous sommes des charrues avec des socs de rêve,
    Et quand nous essayons le grain entre ses lèvres
    La nature nous rend la monnaie de nos sous.
     
    La loupe à l’œil, la plume aux serres, je souris
    Comme un aigle plus haut que sa littérature,
    Et mes petits dedans mon aire se figurent
    Que je vais les sortir avec ma poésie…
     
    Les moutons dans les près rêvent d’être mangés,
    Les loups à Perdrigal boivent le sang de Une,
    La nuit, quand ils s’en vont hurler dessous la brune,
    On dirait d’un concert aux archets délivrés.
     
    Arbres aux noms perdus, Chênes faits de bouleau,
    Hêtres décapités par un néant de paille,
    Foin rêvant d’être acquis aux meilleures ripailles,
    Fumier devenant Or sous l’arche des museaux…
     
    Perdrigal des fureurs jaunes, je te salue !
    Je t’apporte un bouquet de fidèle écriture,
    Un bouquet de parole où la voix démesure
    Les mots de tous les jours qui n’en finissent plus.
     
    Il prier pour moi dans ton ordre païen,
    Il faut me pardonner mes pas dans ton silence
    Et me donner le temps pour que mon temps commence,
    Pour que tout aille mieux et du Mal, et du bien…
     
    Il faut me laisser sourire au sourire du bleu,
    Quand la figure du jardin me fait des signes
    Et que le sort jaloux relâche ses consignes
    Pour nous voir respirer ensemble, l’air heureux.
     
    Je voyais des maisons dans un glacis de toc,
    Un chimpanzé volant dans un ciel d’expertise
    Et mâchant dans sa barbe une rage soumise,
    Comme certains buveurs mâchent devant un bock…
     
    Je voyais une avoine avenante et de chic,
    Folle, comme on le sait, dans la nuit des conquêtes,
    Et des ombres frôlant ses grâces de coquette,
    Saluant de mémoires un frôlement d’aspic.
     
    Je saluais les près où se mire le Nord,
    Dans le vert an allé de ses fins cardinales,
    Dans la glace posée au pôle d’une eau pâle
    Qu’un avenir d’hiver a durcie dans sa mort.
     
    Un hibou dans les bois joue de la flûte en sol,
    Des cris, comme une écharpe aux gorges de fauvettes
    Lui jouent la tierce des terreurs et des boulettes…
    O lugubres chansons des hiboux parasols !
     
    Un visa pour la plaine, et je m’en vais demain.
    Les chevaux Cadillac hennissent kérozène,
    Je les vois arrêtés a l’arrêt Théorème,
    Piaffer dans le tourment d’un azure incertain.
     
    J’entends le train passer son message de fer,
    Le monde survécu dans un paquet de cendres,
    Un Boeing éployé qui ne veut plus descendre,
    O renaître de Vous et remanger la mer !
     
    Repasser sous le plat du fer qui plane et plie,
    Etre la soie perdue au bord de la blessure,
    Etre le feu qui rêve du froid de la brûlure,
    Accaparer du Rien dans un verre d’oubli…
     
    .Léo Ferré.1971.
     
    A Serge et Jannah Arnoux, mes frère du Lot.

      Léo Ferré en Toscane-1985-1
    Léo Ferré en Toscane-1985



    .Zaza.

    L' bonheur c'est un chagrin qui roule
    L'bonheur comme les galets ma poule
    L'bonheur il faut l'tenir en laisse
    L'bonheur ça t'dit rien ?
    Si par hasard tu m'rencontres
    J'ai un compte à régler qui sait pourquoi ?
    J'm'appelle Zaza
    Zaza les bras en croix
    L'bonheur c'est un paquet qui roule
    L'bonheur à chacun sa chacune
    L'bonheur t'as qu'à le prendre en fête
    T'as qu'à le prendre sur l'fait
    L'bonheur c'est un chagrin qui roule
    Comme les galets là-bas
    Si par hazard tu m'rencontres
    Change de trottoir tu sais pourquoi ?
    Si par hasard tu m'rencontres
    L'bonheur c'est un chagrin qui roule
    L'bonheur comme pierre qui n'amasse pas mousse
    Tout ça des conneries tout ça c'est la vie
    C'est la vie j'm'appelle Zaza
    L'bonheur c'est un machin en fête
    L'bonheur t'as qu'à le prendre sur l'fait
    L'bonheur t'as qu'à le foutre en laisse
    Et puis tu laisses
    Tu laisses pisser l'mérinos
    Tu laisses pisser l'mérinos... Mérinos
    Si par hasard tu m'rencontres
    Si par hasard tu m'rencontres
    J'ai un compte à régler tu sais
    Quoi, quoi, quoi, quoi...
    J'm'appelle Zaza les bras en croix
    Y'a longtemps
    L'bonheur c'est un machin à deux sous
    L'bonheur tu vas voter mon loup
    Connasse
    L'bonheur pour qui tu vas voter ?
    Connasse
    Le bonheur vas te faire empâter
    Si par hasard tu m'rencontres
    Change de boulevard
    Je m'appelle qui ça ? Qui ça ?
    Je m'appelle qui ça ? Tu l'sais bien
    L'bonheur c'est d'la misère en Dior
    L'bonheur j'en veux j'en veux encore
    L'bonheur si par hasard tu l'as
    J'te fais savoir que j'te fous une trempe
    L'bonheur
    Si par hasard tu m'rencontres rappelles-toi
    Y'a qu'toi qui l'sait SALOPE
    Salope qu'y dit !
    L'bonheur, le bonheur
    Connasse, connasse
    Si par hasard tu m'rencontres
    Change de trottoir voyons
    Change de trottoir
    L'bonheur c'est comme les vieilles étoiles
    Quand ça t'arrive tu mets les voiles
    L'bonheur moi j'mets les voiles là-bas
    Là-bas, là-bas où c'qu'y a Zaza
    Si par hasard tu m'rencontres
    Change de tailleur change de bonheur
    Et surtout que j'te r'connaisse pas
    Si par hasard tu m'rencontres si par hasard
    L'bonheur c'est pas qu'tu couches avec
    L'bonheur l'bonheur
    Si par hasard tu l'rencontres
    Change de trottoir c'est pas pour toi
    You see girl ! Vieille girl !
    Comment s'est fait ?
    Comment s'est fait dit ?
    Comment s'est fait ?
    L'bonheur c'est un chagrin qui roule
    L'bonheur ça s'en va dans la foule
    L'bonheur
    L'bonheur c'est un mot très ancien
    Très ancien très ancien
    Très ancien et même usé
    L'bonheur quelle gueule ça a ?
    Moi je n'sais pas
    Salope Connasse Poubelle
    C'qu'elle est belle là-bas
    Regarde la fille sur l' trottoir
    Regarde regarde elle a seize piges
    L'bonheur c'est peut-être une allemande
    L'bonheur c'est peut-être une connasse
    Ouais comme toi le bonheur
    Ouais le bonheur j'm'en fous
    Si par hasard.. Si par hasard... Si par hasard
    Change de trottoir... Change de trottoir...

    Léo Ferré- Sur un chemin de Toscane en 1990-1
    Léo Ferré- Sur un chemin de Toscane en 1990
     

    .L' éternité de l' instant.

    léo et le chien-Italie 1978
    Léo Ferré-Italie 1978

     

        Un

          arbre,

    derrière.

    Un homme, devant.

      Un chien entre deux.

       Ces bras fermés sur une page inutile.

         Ces feuilles que l’on devine attentives

          à un bruit de pluie sur la vitre.

                             Ce chien s’inventant,

                                peut-être, un désir

                                de course vers l’abîme.

                                   cet homme

                                     dans le temps d’une photo.


    .Pépée France 1967.

     

                     Cette

           bouche plaquée

            et qui favorise

               la dégustation.

                      Cette main où la cigarette

                          n’à qu’à bien se tenir au-dessus

             de l’informulée et de la coudre,

               solution finale, enfin…

    Ce personnage du dédain et de la face.

          Ce texte non dit

            ce que l’on trouve

               tristement à LA regarder

                                            longtemps.

     

    4D-sans fin-



    Léo et Pépée (suite)

    Léo Ferré






    .Baleine bleue.

     

    Baleine bleue



     

    Chez moi, il fait toujours nuit dans nos âmes…

    J’étais d’un grand pays sous-marin et bleuté

    Bleu, comme la nuit quand elle est bleue…

    Le bleu ne m’arrivait que par la voix des hommes

    Moi, j’étais comme il faut le temps de me laver

    De manger et de parler à mes copains…

     

    L’important est de ne pas imaginer être trop grosse.

    Ce sont les hommes qui ont peur de moi et ils ont tort.

    Nous nous parlons de loin avec tous les copains.

     

    Mon chant vient de là-bas où se tiennent les franges

    Du temps qui passe et que vous mesurez, vous autre,

    avec des méridiens. Je suis un Cétacé… et vous ?

    Des chasseurs nucléaires, aujourd'hui ?

    Depuis les Basques de ce siècle 14… ?

    Vous voyez bien que je vous comprends, mais nous,

    le temps, on s'en fout. Il est plus grand que nous,

    et nous le savons bien. Il est instantané aussi,

    comme disait Bachelard avec qui j'avais des rendez-vous

    du côté de la Sorbonne à Paris.

     

    Quand Gaston allumait et tisonnait son feu du matin

    qui était beaucoup plus important que sa leçon de philosophie,

    il me disait qu'il préférait rater sa leçon que son feu…

    Ce n’était pas un chasseur, Bachelard, non, pas un chasseur,

    un enfant, sans doute, un peu comme les miens que je porte

    12 mois dans mon ventre et qui naissent tout petits… 5 ou 6 mètres…

    Ça dépend des chasseurs. Quand je suis pressée, je force un peu…

    Alors il s'étire un peu plus… Je préfère rater ma leçon de philosophie

    que mon petit.

     

    Je pars vers le Sud avec mon amant, trouvé dans le grand Nord,

    et puis là-bas, Sud Atlantique, nous nous aimons.

    On se nourrit au lard… de baleine !

    On mincit tout l'été et on baise, oui, comme vous,

    avec, en plus, cette illusion que nous avons de l'aventure sous-marine et

    des chants dont nous nous émerveillons.

     

    Nous entendons de loin, de très loin.

    Nous nous parlons, nous nous aimons encore, et puis, à l'automne,

    nous nous quittons et dans les algues inventées nous chantons

    la bruyère avec Apollinaire « j’ai cueilli ce brin de bruyère,

    l’automne est morte souviens-t’en Nous ne nous verrons plus sur Terre.

    Odeur du temps brin de bruyère. Et souviens toi que je t’attends »

    Et puis vinrent les Basques… Siècle 14. Nous autres,

    nous chiffrons comme le carbone… 14 ou 15… On n'en a rien à foutre…

     

    Et puis vinrent les Basques… Siècle 14… Ils se pointaient jusqu'au Labrador…

    Lèvres d'or… Pas peureux, les Basques !
    Embouchures du Saint-Laurent, tu parles…

    Et je t'enchanterai mon petit du Québec et tu ne sauras pas que

    mon fils est là-bas, dans le Grand Nord, et

    que je l'ai laissé, moi drivant vers la Côte…

    C'est bien le Larousse du siècle 20, au début, qui raconte des portes ouvertes :

    " Ou bien on attend la bête sur la Côte ou bien on va la chercher en pleine mer ".

     

    Pardi !

     

    A l'automne, saison morte, comme les amours… Je me retrouvais seule, enceinte,

    et comme un fil. Le lard… mon lard s'était barré… Il le nourrit, ce petit !

    J'allais me taper du krill et comme  il faut, faites-moi confiance !

    Suivant la chance, des fois, je faisais un bon coup :

    de sept à huit cents kilos de Krill…

    Ce n’était pas dégueulasse. Les trois étoiles, vous pouvez toujours

    vous les accrocher dans votre Michelin, Hommes Tergaliens,

    Hommes de la lignée des Seiko à quartz, Fumiers d'outre passé,

    Etang de l'Aventure assise et dans les cliniques de chair apprivoisée.

     

    Vous pouvez nous chasser, vous pouvez faire de moi, Baleine Bleue,

    bleue comme les crépuscules indécents quand le soleil les innocente,

    bleue comme les particules psychologiques de la Vierge tu connais ?

    Vous pouvez faire de moi, mesurant 18 mètres et pesant 50 tonnes,

    vous pouvez inventer à partir de ma vie, loin de vos turpitudes et

    de vos nucléaires prétentions d'ailleurs, vous verrez bientôt

    la marée nucléaire et avec tous mes compliments vous pouvez

    faire de moi 7 tonnes de lard -moins celui que j'aurais usé pour mon petit

    et puis 22 tonnes de viande, et puis 9 tonnes d'os, et

    puis 2 tonnes de viscères, et puis, tenez-vous bien,

    une tonne et demi de langue…

    et puis vous pouvez dire que je ne parle pas.

     

    Si je ne parle pas encore votre langage,

    j'ai tout de même de quoi vous lécher le sentiment…

    Avec tout le respect que je vous dois…

     

    Moi BALEINE BLEUE…C’EST  MOI ! !

     

     

      .Léo Ferré.          E xtrait de l’opéra du pauvre

     

     

     

      

     

     

     

     

     


    Léo Ferré




    il n'y a plus rien

     

     

    IL NY A PLUS RIEN

     

    g8 

     

     

    Ecoute, écoute… Dans le silence de la mer, il y a comme un balancement maudit qui vous met le cœur à l’heure, avec le sable qui se remonte un peu, comme les vieilles putes qui remontent leur peau, qui tirent la couverture.

     

    Immobile… L’immobilité, ça dérange le siècle. C’est un peu le sourire de la vitesse, et ça ne sourit pas lerche, la vitesse, en ces temps.

    Les amants de la mer s’en vont en Bretagne ou à Tahiti…

     

    Il n’y a plus rien

     

    Camarade maudit, camarade misère…

    Misère, c’était le nom de ma chienne qui n’avait que trois pattes.

    L’autre, le destin la lui avait mis de côté pour les olympiades de la bouffe et des culs semestriels qu’elle accrochait dans les buissons pour y aller de sa progéniture.

    Elle est partie, Misère, dans des cahots, quelque part dans la nuit des chiens.

    Camarade tranquille, camarade prospère,

    Quand tu rentreras chez toi

    Pourquoi chez toi ?

    Quand tu rentreras dans ta boîte,  rue d’Alésia ou du Faubourg

    Si tu trouves quelqu’un dans ton lit,

    Si tu y trouves quelqu’un qui dort

    Alors vas-t’en, dans le matin clairet.

    Seul

    Te marie pas

    Si c’est ta femme qui est là, réveille-la de sa mort imagée

     

    Fous-lui une baffe, comme à une qui aurait une syncope ou une crise de nerfs….

    Tu pourras lui dire : « t’as pas honte de t’assumer comme ça dans ta liquide sénescence.

    Dis, t’as pas honte ? Alors qu’il y a quatre-vingt-dix mille espèces de fleurs ?

    Espèce de conne !

    Et barre-toi !

    Divorce-la

    Te marie pas !

    Tu peux tout faire : t’empaqueter dans le désordre, pour l’honneur, pour la conservation du titre…

    Le désordre, c’est l’ordre moins le pouvoir !

    Il n’y a plus rien

    Je suis un nègre blanc qui mange du cirage

    Parce qu’il se fait chier à être blanc, ce nègre, il en a marre qu’on lui dise : sale blanc ! »

     

     A Marseille, la sardine qui bouche le port était bourrée d’héroïne et les hommes- grenouille n’en sont pas revenus… Libérez les sardines et y’aura plus de mareyeurs !

     

    Si tu savais ce que je sais on te montrerait du doigt dans la rue. Alors il vaut mieux que tu ne saches rien comme ça, au moins tu es pénard, anonyme, citoyen !

     

    Tu as le droit, Citoyen, au minimum décent. A la publicité des enzymes et du charme au trafic des dollars et aux fabriquant d’armes qui traînent les journaux dans la boue et le sang. Tu as droit à ce bruit de la mer qui descend, et si tu veux la prendre elle te fera du charme avec le vent au cul et des sextants d’alarme et la mer reviendra sans toi si tu es méchant.

     

    Les mots… toujours les mots, bien sûr !

    Citoyens ! Aux armes !

    Aux pépées, citoyens ! A l’amour, Citoyens !

    Nous entrerons dans la carrière quand nous aurons cassé, la gueule à nos aînés !

    Les préfectures sont des monuments en airain… un coup d’aile d’oiseau ne les entame même pas… c’est  vous dire !

    Nous ne sommes même plus des juifs allemands nous ne sommes plus rien

     

    Il n’y a plus rien

     

    Des futals bien coupés sur lesquels lorgnent les gosses, certes !

    Des poitrines occupées, des ventres vacants.

    Arrange-toi avec ça !

     

    Le sourire de ceux qui font chauffer leur gamelle sur les plages reconverties et démoustiquées, c'est-à-dire en enfer  là où dieu  met ses lunettes noires pour ne pas risquer d’être reconnu par ses admirateurs

    Dieu est une idole, aussi !

    Sous les pavés y a plus la plage,

    il y a l’enfer et la sécurité.

    Notre vraie vie n’est pas ailleurs elle est ici.

    Nous sommes au monde, on nous l’a assez dit, n’en déplaise à la littérature.

     

    Les mots, nous leurs mettons des masques, un bâillon sur la tronche

    A l’encyclopédie, les mots ! Et nous partons avec nos cris !

    Et voilà !

     

     Il n’y a plus rien…plus, plus rien

     

    Je suis un chien ?

    Perhaps !

    Je suis un rat

    Rien

    Avec le cœur battant jusqu’à la dernière battue.

    Nous arrivons avec nos accessoires pour faire le ménage dans la tête des gens :

    Apprends donc à te coucher tout nu !

    Fous en l’air tes pantoufles !

    Renverse tes chaises !

    Mange debout !

    Assoies-toi sur des tonnes d’inconvenances et montre toi à la fenêtre en gueulant des gueulantes de principe.

     

    Si jamais tu t’aperçois que ta révolte s’encroûte et devient une habituelle révolte, alors,

    Sors,

    Marche,

    Crève,

    Baise,

    Aime enfin les arbres, les bêtes et détourne-toi du conforme et de l’inconforme.

    Lâche ces notions, si ce sont des notions.

    Rien ne vaut la peine de rien

     

    Il n’y a plus rien…plus, plus rien

     

    Invente des formules de la nuit : CLN… c’est la nuit !

    Même au soleil, surtout au soleil, c’est la nuit !

    Tu peux crever… les gens ne retiendrons même pas une de leur inspiration.

    Ils canaliseront sur toi leur air vicié en des regrets éternels puant le certificat d’études et le catéchisme ombilical.

    C’est vraiment dégueulasse.

    Ils te tairont, les gens.

    Les gens taisent l’autre, toujours.

    Regarde, à table, quand ils mangent…

    Ils s’engouffrent dans l’innomé.

    Il se dépassent eux-mêmes et s’en vont vers l’ordure et le rot ponctuel !  

     

    La ponctuation de l’absurde, c’est bien ce renversement des réacteurs abdominaux, comme à l’atterrissage : on rote  et on arrête les massacres.

    Sur les pistes de l’inconscient, il y a des balises baveuses toujours un peu se souvenant du frichti, de l’organe, du repu.  

     

    Mes plus beaux souvenirs sont d’une autre planète. Où les bouchers vendaient de l’homme à la criée.

     

    Moi je suis de la race ferroviaire qui regarde passer les vaches. Si on ne mangeait pas les vaches, les moutons et les restes, nous ne connaîtrions ni les vaches ni les moutons ni les restes…

    Au bout du compte, on nous élève pour nous becqueter.  

    Alors becquetons !

    Côte à l’os pour deux personnes tu connais ?

     

    Heureusement il y a le lit : un parking !

    Tu viens, mon amour ?

    Et puis, c’est comme à la roulette : on mise, on mise…

    Si la roulette n’avait qu’un trou, on nous ferait miser quand même.

    D’ailleurs, c’est ce qu’on fait !

    Je comprends les joueurs : ils ont trente-cinq chances de ne pas se faire mettre…

    Et ils mettent, ils mettent…  

    Le drame dans le couple, c’est qu’on est deux

    Et qu’il n’y a qu’un trou dans la roulette…  

     

    Quand je vois un couple dans la rue, je change de trottoir.

     

    Te marie pas.

    Ne vote pas !

    Sinon t’es coincé

     

    Elle était belle comme une révolte.

    Nous l’avions dans les yeux, dans les bras, dans nos futals.

    Elle s’appelait l’imagination.  

     

    Elle dormait comme une morte, elle était comme morte.

    Elle sommeillait

    On l’enterra de mémoire.  

     

    Dans le cocktail Molotov, il faut mettre du martini, mon petit !

     

    Transbahutez vos idées comme de la drogue… tu risques rien à la frontière.

    Rien dans les mains

    Rien dans les poches

     

    Tout dans la tronche !

     

    Vous n’avez rien à déclarer ?

    Non. Comment vous nommez vous ?

    Karl Marx.  

    Allez, passez !  

     

    Nous partîmes… nous étions une poignée…

    Nous nous retrouverons bientôt démunis, seuls avec nos projets d’imagination dans le passé Ecoutez-les… écoutez-les…

    Ça râpe comme le vin nouveau.

    Nous partîmes…  nous étions une poignée

    Bientôt ça débordera  sur les trottoirs.

    La parlotte ça n’est pas un détonateur suffisant

    Le silence armé, c’est bien mais il faut fermer sa gueule…

    Toutes des concierges !

    Ecoutez-les

     

    Il n’y a plus rien

     

    Si les morts se levaient ?

    Hein ?

     

    Nous étions combien ? 

    La tristesse, toujours la tristesse…

    Ils chantaient, ils chantaient…

    Dans les rues

     

    Ne vote pas

     

    O DC-8 des pélicans

    Cigognes qui partent à l’heure.

    Labrador lèvres des bisons.

    J’invente en bas des rennes bleus.

    En habit rouge du couchant.

    Je vais à l’Ouest de ma mémoire.

    Vers la clarté vers la clarté.

     

    Je m’éclaire la nuit dans le noir de mes nerfs.

    Dans l’or de mes cheveux j’ai mis cent mille watts.

    Des circuits sont en panne dans le fond de ma viande.

    J’imagine le téléphone dans une lande

    Celle où nous nous voyons moi et moi.

    Dans cette brume obscène au crépuscule teint

    Je ne suis qu’un voyant embarrassé de signes

    Mes circuits déconnectent

    Je ne suis qu’un binaire.

     

    Mon fils, il faut lever le camp comme lève la pâte

    Il est tôt lève toi prends du vin pour la route.

    Dégaine-toi du rêve anxieux des bien assis

    Roule Roule mon fils vers l’étoile idéale

    Tu te rencontreras tu te reconnaîtras

    Ton dessin devant toi, tu rentreras dedans

    La mue ça se fait à l’envers dans ce monde inventif 

    Tu reprendras ta voix de fille et chanteras demain

     

    Retourne tes yeux au-dedans de toi.

    Quand tu auras passé le mur du mur.

    Quand tu auras outrepassé ta vision

    Alors tu ne verras rien

     

    Il n’y a plus rien

     

    Que les pères et les mères

    Que ceux qui t’on fait

    Que ceux qui ont fait tous les autres

    Que les « monsieur »

    Que les « madame »

    Que les «  assis » dans les velours glacés, soumis, mollasses.  

    Que ces horribles magasins bipède et roulants

    Qui portent tout en devanture

    Tous ceux à qui tu pourras dire

     

    Monsieur !

    Madame !

     

    Laissez donc ces gens-là tranquilles  

    Ces courbettes imaginées que vous leur inventez

    Ces désespoirs soumis

    Toute cette tristesse qui se lève le matin  à heure fixe pour aller gagner VOS sous

    Avec les poumons resserrés

    Les mains grandies par l’outrage et les bonnes mœurs

    Les yeux défaits par les veilles  soucieuses…

    Et vous comptez vos sous ?

    Pardon… LEURS sous !

     

    Ce qui vous, déshonore

    C’est la propreté administrative, écologique dont vous tirez orgueil 

    Dans vos salles de bain climatisées

    Dans vos bidets déserts en vos miroirs menteurs…

     

    Vous faites mentir les miroirs

    Vous êtes puissants au point de vous refléter tels que vous êtes

    Cravatés

    Envisonnés

    Empapaoutés de morgue et d’ennui dans l’eau verte qui descend des montagnes et que vous vous êtes arrangé pour soumettre

    À un point donné,

    À heure fixe

    Pour vos narcissiques partouzes.

    Vous vous regardez et vous ne pouvez même plus vous reconnaître.

    Tellement vous êtes beaux.

    Et vous comptez vos sous

    En long

    En large

    En marge

    De ces salaires que vous lâchez avec précision

    Avec parcimonie

    J’allais dire « en douce » comme ces aquilons avant-coureurs et qui racontent les exploits du bol alimentaire, avec cet apparat vengeur et nivellateur qui empêche toute identification…

    Je veux dire que pour exploiter votre prochain, vous êtes les champions de l’anonymat.  

     

    Les révolutions ? Parlons-en !

    Je veux parler des révolutions qu’on peut encore montrer, parce qu’elles vous servent,  

    Parce qu’elle vous ont toujours servis, ces révolutions de « l’histoire »

    Parce que les « histoires » ça vous amuse, avant de vous intéresser,

    Et quand ça vous intéresse, il est trop tard, on vous dit qu’il s’en prépare une autre.

    Lorsque quelque chose d’inédit vous choque et vous gêne,

    Vous vous arranger la veille, toujours la veille, pour retenir une place,

    Dans un palace d’exilés, entouré de prestige des déracinés.

    Les racines profondes de ce pays, c’est vous, parait-il, 

    Et quand on vous transbahute d’un « désordre de la rue », comme vous dites, à un « ordre nouveau » comme ils disent, vous vous faites greffer au retour et on vous salue.

     

    Depuis deux cent ans, vous prenez des billets pour les révolutions.

    Vous seriez même tentés d’y apporter votre petit panier, pour n’en pas perdre une miette, n’est-ce pas ?

    Et les « voyous » qui vous amusent ces « voyous » qui vous dérangent aussi, on les enveloppe dans un fait-divers pendant que vous enveloppez les « vôtre » dans un drapeau.  

     

    Vous vous croyez toujours, vous autres, dans un haras !

    La race ça vous tient debout dans ce monde que vous avez assis. Vous avez le style du pouvoir.

    Vous arrivez même à vous parler à vous-même.

    Comme si vous parliez à vos subordonnés

    De peur de quitter votre stature vos boursouflures, de peur qu’on vous montre du doigt, dans les corridors de l’ennui et qu’on dise : «   tiens, il baisse, il va finir par se plier, par ramper  » Soyez tranquilles ! Pour la reptation, vous êtes imbattables ; seulement, vous ne vous la concédez que dans la métaphore… vous voulez bien vous allonger mais avec l’allure.

    Cette « allure » que vous portez, Monsieur, à votre boutonnière

    Et quand on sait ce qu’a pu vous coûter de silences aigres, de renvois mal aiguillés.

    De demi sourires séchés comme des larmes

    Ce ruban malheureux et rouge comme la honte dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage

    Je me demande pourquoi la Nature met

    Tant d’entêtement,

    Tant d’adresse

    Et tant d’indifférence biologique

    À faire que vos fils ressemblent à ce point à leurs pères

    Depuis les jupes de vos femmes matrimoniaire

    Jusqu’aux salonnardes équivoques où vous les dressez à boire, dans votre grand monde, à la coupe des bien-pensants.  

     

    Moi je suis un bâtard

    Nous sommes tous des bâtards

    Ce qui nous sépare, aujourd’hui, c’est que votre bâtardise à vous est sanctionnée par le code civil

    Sur lequel avec votre permission, je me plais à cracher, avant de prendre congé.

    Soyez tranquille, vous ne risquez rien.

     

    ILN’Y APLUS RIEN

     

    Et ce rien, on vous le laisse !  

    Foutez-vous en jusque-là, si vous pouvez,

    Nous, Nous on peut pas.

    Un jour, dans dix mille ans

    Quand vous ne serez plus là,

    Nous aurons TOUT

    Rien de vous ;

    TOUT de NOUS

     

    Nous aurons eu le temps d’inventer la Vie, la beauté, la jeunesse,

    les larmes qui brilleront comme des émeraudes dans les yeux des filles

    Le sourire des bêtes  enfin détraquées

    La priorité à gauche, Permettez !

     

    Nous ne mourrons plus de rien.

    Nous vivrons de tout

     

    Et les microbes de la connerie que vous n’aurez pas manqué de nous léguer montant

    De vos fumures

    De vos livres engrangés dans vos silothèques,

    De vos documents publics,

    De vos règlements d’administration pénitentiaire

    De vos décrets

    De vos prières même,

    Tous ces microbes …

    Soyez tranquilles

    Nous avons déjà des machines pour les révoquer

     

    NOUS AURONS TOUT

     

    Dans dix milles ans

     

     

     

     

    Et gueule le bien fort que le pouvoir quel qu’il soit c’est de la  merde...

     

     

    .Léo Ferré-Il n'y a plus rien.

     

     

     

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    Msere leo ferre

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    Affiche_Rouge

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