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Honteux !!
Plus d'un
millier de cadavres de chauves-souris dans une gouttière à Nice Plus d'un millier de cadavres de chauves-souris (Molosse de Cestoni) ont été retirés dimanche 26 juillet 2009 (une date a retenir) de la gouttière d'un immeuble de Nice dont les habitants, incommodés par l'odeur et de mystérieuses traces de sang, avaient alerté les secours. La surprise a dépassé leur imagination: "sur environ quatre étages de gouttière, plus d'un millier de cadavres de chauve-souris étaient entassés les uns sur les autres dans la canalisation", a raconté à l'AFP Magali Lemercier, bénévole de la Société française pour l'étude et la protection des mammifères, appelée en renfort. Une situation "exceptionnelle" selon cette spécialiste de l'espèce qui avance une explication: "le bâtiment a récemment subi une désinsectisation et les chauves-souris, qui vivent dans les joints de dilatation des immeubles, ont certainement cherché à fuir. Pour peu qu'elles aient été un peu intoxiquées, elles se sont toutes agglutinées dans cette gouttière qui n'était pas protégée par un grillage". Seuls trois petits mammifères, deux bébés et un adulte, ont pu être sauvés et recueillis par Mme Lemercier. Après des examens, ces chauves-souris devraient être relâchées dans la nature. .Dimanche 26 juillet 2009.
Miniopterus aelleni
A l’occasion d’un inventaire des chauves-souris de l’archipel
des Comores, dans l’océan Indien, des chercheurs du Muséum d’histoire naturelle
de la Ville de Genève, associés à des scientifiques américain, australiens et
malgache, ont fait une découverte stupéfiante : la petite chauve-souris de 5
grammes qu’ils tenaient entre leurs
mains ne correspondait à aucune espèce décrite dans le monde. Un peu comme dans les enquêtes criminelles
qui font le bonheur des téléspectateurs, ces scientifiques ont utilisé une
combinaison de techniques morphologiques et génétiques de pointe pour
reconstruire l’histoire de cette énigmatique chauve-souris. Ils ont en outre
découvert que son origine était l’île voisine de Madagascar, où elle était
également passée inaperçue. Ils l’ont baptisée Miniopterus aelleni, en
hommage au professeur Villy Aellen, ancien
directeur du Muséum et grand spécialiste des chauves souris En moyenne dix
nouvelles espèces de mammifères seulement sont découvertes chaque année dans le monde depuis l’an 2000,
ce qui montre qu'il reste encore beaucoup à découvrir dans la connaissance de
la biodiversité qui nous entoure.
Noctule Commune
Nyctalus noctula (Schreber, 1774) Description Longueur tête et corps: 60-82 mm Longueur avant-bras: 48-58 mm Longueur oreilles: 16-21 mm Envergure: 320-400 mm Poids: 17-45 g. / Poids maximum à la mi-octobre. Pelage : Pelage est globalement brun-roussâtre avec des reflets dorés, le poil et assez court et lisse, semblable à un beau velours bien soigné, la face ventrale est brune, légèrement plus claire. Parmi les plus grandes espèces d'Europe. La Noctule Commune possède des bourrelets glandulaires blancs aux commissures intérieures des lèvres. Ses oreilles sont très larges à la base, leur sommet trapézoïdal est arrondi. Le tragus est petit, en forme de chapeau de champignon. Les ailes sont longues et fines, parfaitement adaptées au vol rapide, elles montrent une pilosité importante, en dessous de l’aile, le long de l’avant-bras. Les oreilles, le museau et le patagium sont bruns. Confusions possibles Les plus grosses femelles peuvent être confondues avec les mâles de Grande noctule. La crinière de ces derniers, très visibles doit permettre de différencier les deux espèces. Répartition Découverte dans des gisements du haut Pléistocène ancien en Grande-Bretagne, elle est répandue dans toute l’Europe occidentale jusqu'au 60°N. Vers l’est, elle s’étend jusqu’en Sibérie occidentale, en Chine et au Japon, très localisé en Tunisie. L’espèce est présente partout en France à l’exception de la Corse. La population de Wallonie est très mal connue. On la trouve de la plain, mais des individus solitaires ont été observés jusqu’à près de 2000 mètres. Distribution Les colonies peu présentes en altitude, habituellement en dessous de 400m. Ecologie Milieux C’est une espèce initialement forestière mais qui s’est remarquablement adaptée également à la vie urbaine, autant pour ses territoires de chasse que pour ces gîtes. L’espèce n’est pas cavernicole dans l’ouest de sa zone mais il est arrivé à des individus d’être capturé au filet à l’entrée de cavités naturelles de très grande dimension. La présence de la Noctule commune est également liée à la proximité de l’eau. Territoires de chasse, Elle exploite indistinctement une diversité de territoires qu’elle survole le plus souvent à haute altitude, massifs forestiers, prairies, étangs et vastes étendues d’eau calme, alignements d’arbres le long des canaux et des parcs et exploitation des hâlos de lumières au-dessus des villes et des villages. Les terrains de chasse favorables peuvent être utilisés par des groupes distincts provenant des différents secteurs distants de plusieurs kilomètres. Les terrains de chasse les plus favorables, les plus proches du gîte sont utilisés par les juvéniles quand il fait mauvais temps ainsi qu'au crépuscule. Elle peut faire plusieurs kilomètres pour regagner son territoire de chasse. Sur les études de radiopistage allemandes réalisées à partir des années 1980, il n'apparaît pas de différence entre les territoires de chasse des adultes et des juvéniles. Elle chasse sur un rayon de 10km autour de son gîte et peut atteindre dans des cas extrême 26km. C'est une espèce très mobile avec des territoires de chasse aux superficies variées allant de 50 ha jusqu'à un hectare pour de petits milieux riches en proies, comme un étang ou une prairie où essaiment des insectes. Gîte d’été Tout comme en hiver, les cavités arboricoles naturelles ou creusées par les oiseaux, les nichoirs, les caissons de stores, sous le lambris des toitures et les bardages en bois ou en ardoises, les cloisons en fibrociment, derrière les murs banchés des immeubles, sous les ponts et autres ouvrages d’art. Les colonie arboricoles occupent les gîtes à des hauteurs très variables habituellement entre 5m et une vingtaine de mètres, exceptionnellement à 1m de sol. Les arbres choisis ont un diamètre supérieur à 50 centimètres. Ce sont essentiellement des arbres à feuilles caduques comme les platanes souvent plantés de manière linéaires le long de canaux ou de rivières. En zone rurale on la trouve parfois dans les bâtiments au niveau des combles ou dans les anfractuosités des constructions Une étude allemande fait apparaître 21 nichoirs et 31 anciens trous de pics sur 51 gîtes découverts par télémétrie. Se sont essentiellement les cavités creusées par les pics épeiche (entre 76 et 85%) qui sont occupés beaucoup moins les loges de pics noirs et exceptionnellement celle des pics vert. Signalée parfois dans les allées de platanes le long des routes et très rarement dans des fissures de parois rocheuses. En ville s’installe souvent dans les alignements de vieux arbres, platanes et marronniers centenaires qui bordent les zones humides ou les rivières qui traversent les zones urbaines. Migration C’est une espèce migratrice qui peut accomplir de très longs parcours de près de 1000 kilomètres. 4200 animaux ont été bagués et 19 ont été retrouvés à plus de 100 kilomètres de distance du lieu de baguage. Le départ des femelles de leur lieu d’hivernage s’échelonne de courant avril à mi mai, les retours à partir de la mi août et surtout en septembre, consécutivement, sur une grande partie de l’aire de répartition ouest de l’espèce, les mâles qui dominent en effectif tout l’été. Le déplacement des animaux en migration semble être rapide, une noctule commune a ainsi effectué 360 kilomètres au minimum, en quatre nuits. Et un déplacement de 250 kilomètres par nuit semble possible. Les noctules peuvent également voler de jour en migration, elles croisent le plus souvent en solitaire, à une centaine de mètres d’altitude et peuvent être repérées à la vue, parfois au milieu d’oiseaux. Le phénomène a été noté le plus souvent en octobre, surtout le matin. Des milliers de noctules communes ont baguées depuis plus de 50 ans et moins de 1% ont été retrouvés à de grandes distances. Elles ont la capacité de traverser des bras de mer comme entre la Suède et l’Allemagne. A partir d'une même colonie, la dispersion des individus décrit un axe rayonnant, et les femelles se retrouvent rapidement éloignées les unes des autres par plusieurs centaines de kilomètres. Ce phénomène assure un brassage génétique permanent des populations mais aussi une bonne pérennité à la colonie car toutes les femelles ne pourront être victime au même endroit d'un phénomène climatique hivernal. Lors de ces migrations les animaux peuvent être confrontés à des pièges multiples, surtout les éoliennes dont elles sont les premières victimes au sein des chauves-souris d’Europe. Certains ponts peuvent également se transformer en piège, ce fut le cas d’un ouvrage sur le Rhin, où deux petites pièces accessibles par d’étroites ouvertures permettaient de rejoindre un grand couloir interne. Les juvéniles inexpérimentés de Noctules communes en migration qui entraient dans l’ouvrage ne pouvaient en retrouver la sortie suite à un phénomène de brouillage de leurs émissions sonars et chaque année des centaines d’animaux se retrouvaient s’épuisaient sans retrouver la sortie du piège. Biologie Hibernation Les gîtes d'hibernation sont occupés de novembre à mars et la léthargie profonde des essaims n'est atteinte que par des températures inférieures à zéro. Au-dessus, des cris sociaux, très puissants sont émis par quelques individus en phase de réveil. C’est en janvier que l’on atteint les plus grands pics d’occupation. En hiver elles peuvent changer de gîte quand il est soumis à un trop fort gel et ces déplacements hivernaux peuvent se faire sur plusieurs kilomètres, plus étonnant, parfois elles restent sur place et meurent de froid. Les arbres creux représentent leurs gîtes naturels et peuvent abriter des rassemblements hivernaux impressionnants avec un record en Bavière de 900 individus et les biologistes ont découverts trois autres arbres occupés par des groupes de 400 individus. Toutes les essences de feuillus semblent convenir : platane, chêne, fruitiers divers. Ce sont les données d'élagages ou d’abattages hivernaux, qui donnent le plus d’informations sur cette espèce. Les allemands ont ainsi pu établir des sex-ratios équilibrés des populations hibernantes avec 51,3% de femelles et 48,7% de mâles. Lors des abattages la mortalité n’est pas toujours importante mais chaque fois les animaux sont obligés de retrouver rapidement et au plus près un nouveau gîte. Huit noctules, baguée pendant une vague de froid ou les températures atteignaient -5°C, ont été retrouvées, après six semaines, dans un autre arbre creux abattu, à 2,4 kilomètres de leur lieu de capture. Cette espèce est aussi très présente dans des nichoirs, auxquels elle est bien fidèle d’une année sur l’autre. Pour cette espèce non cavernicole, la dépense d'énergie dépend des conditions climatiques hivernales, de la taille des groupes, de la qualité thermique du gîte comme du statut de chaque individu. Elle est aussi urbaine en hiver, surtout au niveau des grands bâtiments et cette tendance est connue depuis plus d’un siècle. Elle aime les disjointements des ouvrages d’art en béton et s’insinue souvent sous les corniches des ponts ou des châteaux d’eau, parfois par centaines. Les gîtes propices ont été mesurés dans le béton, ils ont une profondeur de 45 cm, et montrent un disjointement de 3cm. Elles montrent une très nette préférence pour les derniers étages des tours au niveau des corniches, Ces gîtes modernes ne sont pas sans risques. D’une part en cas de travaux d’entretien où les animaux peuvent être détruits ou enfermés, d’autre part ils offrent des conditions thermiques peu compatibles avec une bonne hibernation. Le béton se réchauffe rapidement, même au soleil d’hiver, et peut atteindre des températures de 28°C causant le réveil des Noctules. Le besoin de réhydratation semble être une des causes de réveils. En cas de vague de froid intense, le tamponnage thermique du béton est de nouveau très faible et les Noctules sont de nouveau tirées de léthargie, cette fois par la chute des températures. De plus l'étroitesse des corniches contraint les chauves-souris à s'installer côte à côte et non pas en essaim compact comme dans les cavités arboricoles. Le dernier questionnement sur la sûreté de ces types de gîte artificiel est lié aux chutes, le béton lisse, pourrait ne pas offrir un accrochage suffisant et les chauves-souris actives pourraient décrocher leurs voisines profondément endormies. Il arrive ainsi de découvrir des Noctules en léthargie, tombées ou blessées au pied des immeubles. Pour celles installées sous les corniches des ponts, en cas de décrochement, c’est une mort certaine dans l'eau glacée. Pour les nichoirs en béton les noctules perdent au cours d'un l'hiver près de 30% de leur masse corporelle et d’autres semblent être victime d’étouffements quand elles sont trop nombreuses et de nouveau type de gîte son à l’étude. Estivage Elles sont présentes dans les mêmes types de gîtes qu’en hiver et reprennent leurs activités dès la mi-mars quand le temps est doux. En quelques semaines, une disparité des sexes va survenir sur l’ouest et le centre de la zone de distribution, les femelles vont en effet rejoindre leurs territoires de mise-bas, il ne restera le plus souvent que des populations de mâles et quelques rares colonies de mise-bas. En revanche à l’est et au nord est, ce sont les femelles qui vont devenir dominante. Dans les arbres creux se regroupent de petits essaims de 8 à 30 individus avec des maxima de près de 100 adultes. La moitié des arbres sont occupés par des individus solitaires. Elles colonisent toujours les corniches élevées des immeubles urbains d’où elles peuvent ramper discrètement d’une façade à une autre, tout comme les corniches de ponts, où souvent, il ne restera plus que quelques mâles. Pendant l’été, on note des changements de gîtes arboricoles réguliers tous les deux ou trois jours en moyenne et des déplacements entre gîtes d’au maximum 5,5km. Une seconde étude de radiopistage donne des déplacements de 12 km. Rarement dans les greniers ou derrière des panneaux mal appliqués à des murs. Mobilité. Le soir, les noctules quittent leur gîte quand il fait encore clair, entre 5 à 20 minutes après le coucher du soleil et parfois même bien avant si elles sont tenaillées par la faim. On peut ainsi l’observer au soleil couchant après des périodes de mauvais temps. Si les gîtes sont nombreux, les noctules ont tendance à rester dans un même secteur. Quand elles habitent de petits massifs elles se déplacent d'un îlot forestier à un autre et les populations de différents massifs passent d’îlots en îlot, distants jusqu'à six kilomètres. Il arrive que les noctules communes envahissent des bâtiments comme le font les Pipistrelles même si le cas est beaucoup moins fréquent. Technique de chasse Elle chasse le plus souvent entre 15 et 40 mètres d'altitude. Les animaux prospectent en altitude au dessus des prairies, des landes, des zones humides, des rivières larges à court lent et des zones urbanisées éclairées. Son vol rapide 50km/h ne lui permet pas de sélectionner les animaux qu'elle capture. Les ailes en vol, ont un battement très ample qui les amène à presque se rejoindre sous le corps de l’animal. La Noctule Commune, malgré sa grande vitesse de vol, peut effectuer des piquets impressionnants ou de fulgurants crochets pour attraper une proie. De par son type de vol, elle s'aventure rarement dans les sous-bois et reste plutôt dans les larges et hautes allées forestières ouvertes ou chasse essentiellement au-dessus de la canopée. Les transits se font entre 200 et 500mètres. Les noctules communes chassent en groupe jusqu’à une douzaine d'individus surtout en mai quand émergent les petits coléoptères. Elles peuvent exploiter pendant une demi-heure un très petit territoire comme une prairie ou un étang si les insectes foisonnent. Des noctules ont déjà été observées en chasse forestière par temps de pluie. Les périodes chasse sont le plus souvent tri-modales, une première à la tombée de la nuit avec une centaine de minutes, suivi d'un pic d'activité en milieu de nuit d’un peu plus d’une heure, puis d'une dernière phase, plus courte de 45 mn avant le lever du soleil. Elle consomme ses proies en vol, même si elle est capable de s’envoler du sol et les noctules ont été observées s’envolant du sol, en captivité. Une observation a été faite sur un bord de route d’une noctule posée se livrant à ce qui ressemblait à du charognage. Régime alimentaire Opportuniste et éclectique elle est exclusivement insectivore et son régime alimentaire va des micro-Diptères aux Coléoptères un facteur important pour son maintien dans des milieux dégradés. Au-dessus des forêts, elle se nourrit principalement de gros coléoptères et des papillons s'échappant de la canopée. Le régime alimentaire de quatre mâles, chassant au-dessus d’un petit étang forestier allemand a donné les résultats suivants en occurrence de taxons décroissants par crottes : Ephéméroptères, Lépidoptères, et Diptères. Les proies capturées oscillent autour de 9mm d'envergure mais en Grande-Bretagne ou les grosses proies sont régulièrement capturées. Colonies de reproduction Essentiellement dans l’est et le sud de l’Europe, comme en Espagne, très peu de colonie de reproduction sont connues dans le centre et l’ouest de l’Europe où les mâles dominent toute l’année. Toutefois quelques colonies de mise-bas ont été découvertes en Auvergne, Centre, Champ-Ardennes, Ile de France, Limousin et Poitou-Charentes Avec 30 à 400 individus. Les colonies de mise-bas généralement avec 20 à 50 individus, voire jusqu'à 100 femelles. Les colonies s’installent à partir de la mi-mai. Les femelles de Noctules communes peuvent être aptes à la reproduction dès leur première année, mais elles ne donneront des jumeaux que plus âgés. Les mâles à partir de deux ans. Sur une colonie de reproduction 87% des femelles peuvent être gravides Elles mettent bas le plus souvent un seul petit, parfois deux, très exceptionnellement trois. Les jumeaux peuvent être de deux mâles différents. Le pelage gris n’apparait qu'à partir de 15 jours et devient brun à 36 jours. Le vol s'amorce à la 4ème semaine. L'animal s'émancipe au bout de 7 à 8 semaines.. La présence de mâles reste exceptionnelle au sein des sites de mise-bas (2%). Une noctule commune a été observée, venant récupérer son jeune d'une quinzaine de jours, trouvé au sol, puis placé dans un carton en hauteur au même endroit après 48h. Les femelles de noctules communes sont très attachées à leur site de naissance et 95% des femelles recapturées l'ont été à moins d'un kilomètre de leur lieu de naissance dans l'Uckermark, en Allemagne. Ces groupes sont très phylopatriques à leur lieu de naissance même si les populations ne peuvent être considérées comme des sociétés au sens propre du terme. Une libération de quatorze juvéniles nés en captivité en Allemagne et munis d’émetteurs a permis de découvrir que sept d'entre eux sont revenus au cours des deux nuits suivantes pour allaiter. Trois ont trouvés des gîtes de substitution dans leur bâtiment d'origine, et un dernier a été retrouvé dans un arbre à 1km de distance. Pour ces sept juvéniles, lors de leur première nuit de vol, les dispersions ont été de 100m pour trois individus, de 500m pour trois autres et de 1500m pour le dernier. De la seconde nuit à la cinquième, ils se sont éloignés jusqu'à 2,5 km, et de la neuvième à la douzième nuit, les déplacements ont atteints 3 kilomètres. Jusqu'à la mi-août mâles et femelles se dispersent alentours et ont les mêmes comportements exploratoires de gîtes neufs ou déjà occupés par d'autres noctules, puis, la majorité des femelles se dirigent vers le sud-ouest vers leurs gîtes d'hibernation. Les arbres et les nichoirs sont utilisés comme site d’accouplement avec des harems en moyenne de 10 femelles pour un mâle. Les corniches et les disjointements des bâtiments ne protègeraient pas les mâles de l’intrusion de concurrents potentiels, c’est l’une des raisons évoquée pour expliquer le peu d’intérêt de ce type de site pour les accouplements. Pour s'accoupler, ce dernier choisit un gîte sylvestre, d'où il chante pour attirer les femelles (il constitue des harems de 4 à 5 femelles). Au niveau génétique les populations européennes sont homogènes et il semble exister un équilibre des populations entre mâles et femelles. Menaces Les vagues de froids exceptionnellement fortes, la gestion forestière productiviste, l'élagage en zone urbaine, l'entretien, la rénovation et destruction des bâtiments, sont avec le développement des grands programmes européens éoliens, les principales menaces qui pèsent à moyen terme sur cette espèce. Dans les immeubles elles sont souvent chassées ou emmurées vivantes derrière une couche de mousse de polyuréthane car leurs cris puissants sont souvent incompatibles avec la mitoyenneté d'une chambre. Des cas de mortalité sont signalés suite à des accidents routiers et les cas de prédation par des chats et surtout par les rapaces nocturnes ou diurnes. Les martres doivent être responsables d’une forte mortalité sur les individus qui s’abritent dans les cavités de pic noir, c’est peut-être un des facteurs qui pourraient expliquer le peu d’attrait que semble exercer ces loges à priori confortable pour cette espèce, alors que les cavités des plus petits pics, aux entrées plus étroites, interdisent l’entrée au mustélidé. Les éoliennes représentent probablement la plus grande menace à venir pour cette espèce. Les champs éoliens se développent à travers toute l’Europe, en plein axe migratoire des femelles et même si chaque machine montre une faible incidence pour les noctule, le développement des champs pourrait compromettre la survie d’un espèce dont l’espérance de vie est l’une des plus courtes des chauves-souris d’Europe et dont les populations de femelles croiseront à l’avenir deux fois par an ces champs éoliens qui pourraient à l’avenir se transformer pour l’espèce en champ de mines. Mortalité Longévité C’est une espèce à courte durée de vie, et, en Bavière, malgré le nombre impressionnant de bague posée, la plus vieille noctule commune n’est âgée que de quatre ans. Dans le fort de Mezlow, dans le nord de l'Allemagne 17 années de baguage et de recaptures donnent une idée de la pyramide des âges des populations locales de femelles de noctules communes. 83 % de des femelles recapturées sont âgées de un à trois ans, 15 % ont entre 4 et 6 ans, 2% de sept à neuf ans. L'âge moyen est de 2,2 ans. Sur 30 ans et 12 000 bagues posées, seules trois femelles âgées de neuf ans ont été retrouvées. Comparée à des espèces de même taille la Noctule commune est celle ayant la plus courte espérance de vie. Le record de longévité est de 12 ans. Statut Protégée niveau national, inscrite en annexe 4 de la Directive Habitats, considérée vulnérable sur la Liste rouge Actions menées Protection Dans certaines régions de l'Europe, il est procédé au marquage des arbres gîtes pour en assurer la conservation sur le long terme. Etudes La pose de nichoirs artificiels ne semble pas avoir d'effet ni positif, ni négatif sur l'espèce mais ils aident indubitablement pour réaliser des études et des suivis. Invasion. Comme dans le pont sur le Rhin d’autres espèces de chauves-souris peuvent provoquer des invasions. C’est le cas des pipistrelles de Kuhl à Padou, en Italie ou plusieurs dizaines sont mortes de faim sans retrouver la sortie du bâtiment envahi. La même chose s’est produite avec des Pipistrelles commune dans un hôpital allemand et avec des centaines de noctules communes piégées dans des conduits de ventilation d’un bâtiment de Vienne, en Autriche. Il semble que ce soit les cris sociaux émis par des individus en « essaimage » qui attirent d’autres chauves-souris de passage. Le phénomène est connu également dans les conduits de ventilation des immeubles ou des maisons où l’on peut trouver plusieurs espèces prisonnières du même piège. Extrait du futur livre de: Laurent Arthur & Michelle Lemaire
La chauve-souris "Ou vais-je dormir ?"
Les règles du poseur de nichoir 1- Utilisez des planches de bois brut et résistant à l’humidité. 2- Choisissez des planches d’1 cm d’épaisseur minimum (2 cm, c’est préférable !) pour une bonne isolation. 3- Ne poncez jamais l’intérieur ni l’extérieur du nichoir : les chauves-souris ne peuvent pas s’accrocher aux surfaces lisses. Au contrarie, faites des rainures horizontales tous les 2 cm à l’intérieur du gîte à l’aide d’une scie. 4- S’il est destiné à être posé à l’extérieur, peignez votre nichoir avec des couleurs sombres (moins de vandalisme) pour l’imperméabiliser et protéger le bois. Utilisez de la peinture non toxique. 5- Installez de préférence votre nichoir dès la fin de l’hiver. Les chauves-souris tout juste sorties d’hibernation recherchent alors un gîte de transition. Un nichoir peut très bien faire l’affaire ! 6- Posez le nichoir entre 3,50 m à 5 m de haut minimum. II doit toujours être suspendu au-dessus du vide afin qu’aucun prédateur ne puisse y accéder. 7- Installez solidement votre nichoir sur un support bien exposé, plein sud ou sud-est, installez un toit pentu ou - plus facile à réaliser - clouez de la toile goudronnée sur le dessus et la façade du nichoir 8- Fixez vos nichoirs sur des bâtiments, mais aussi sur des arbres en lisière de forêt, près d’une mare, dans une clairière ou tout simplement dans votre jardin ! 9- Ne dérangez jamais les occupants d’un nichoir 10- Veillez à protéger l’arbre sur lequel est accroché le nichoir : ne clouez jamais de pointes dans le tronc : Utilisez du fil de fer pour fixer le nichoir autour de l’arbre en plaçant des morceaux de bois mort entre le tronc et le fil de fer.
Il est très important de placer ce nichoir plein Sud ou Sud-Est (sur un mur ou un arbre, dans un endroit ensoleillé. Hauteur idéale : 3,50 m - 5 m.
Des gîtes mal adaptés ?
De nouveaux types de nichoirs, avec une plus importante épaisseur de béton ont été testés avec succès dans le centre de l'Allemagne.
Conservation des arbres gîtes en forêt
La forêt peut constituer un refuge pour ces mammifères face à la destruction de leurs gîtes architecturaux, agricoles et bocagers. Le rôle des forestiers est donc essentiel pour la conservation de ce patrimoine national. Les chauves-souris participant également à l’équilibre de l’écosystème forestier, les scientifiques sollicitent actuellement les forestiers, pour les entraîner vers des démarches de plus en plus protectrices, avec une gestion de plus en plus proche de la nature. Il est vrai, qu’elles comptent parmi les plus précieux alliés des forestiers, en chassant chacune plusieurs centaines d’insectes par nuit, eux-même parfois destructeurs de nos forêts. La grande majorité des espèces européennes sont susceptibles d’utiliser les cavités des arbres pour s’y abriter. Certaines d’ailleurs sont considérées comme arboricoles, la barbastrelle en tête. Une colonie n’est pas attachée à un arbre en particulier, et en change même fréquemment, pour se débarrasser des parasites, favorisés par la promiscuité. Par contre elles auront une préférence spécifique d’espèces pour certaines cavités. Parmi celles-ci, deux restent particulièrement attractives : les fissures étroites causées par les intempéries (tempête ou gel) et dont la cicatrisation offre un gîte dans sa partie supérieure, et les anciennes loges de pics. Le plus souvent, les arbres choisis sont vivants et feuillus, car ils s’avèrent mieux isolés et ne sécrètent pas de résine. Les arbres à cavités favorables pour les chiroptères n’ayant le plus souvent qu’une faible valeur marchande, ils est conseillé de ne les abattre qu’en cas de nécessité absolue, pour raison de sécurité principalement. Cependant, pour préserver une cavité tout en réduisant fortement le risque de chute d’un arbre-gîte, il est toujours possible de l’étêter et de l’élaguer. Pour la protection des chauves-souris, les scientifiques considèrent qu’il faut surtout conserver les arbres-gîtes dans les parcelles forestières (au nombre minimum de 8 à 10 arbres par hectares), mais aussi dans les alignements (allées, haies, talus boisés, berges de rivières), qui constituent de véritables «couloirs de continuité» entre les parcelles. Ces quelques conseils pouvant paraître anodins, contribuent pour beaucoup à la préservation du patrimoine biologique forestier, car les chauves-souris constituent, ne l’oublions pas, un excellent indicateur biologique du milieu où elles vivent.
Assurer le maintien d’un réseau cohérent de cavités en Europe
Les mesures à prendre consistent le plus souvent à limiter ou interdire l’accès du public, à surveiller les accessibilités des gîtes et à prévenir leur dégradation naturelle. Ces mesures ne se font pas sans mal du fait de l’attirance de certains publics pour les grottes, dont certains n’hésitent pas à forcer l’accès protégé, pour s’adonner parfois à des activités cachées et délictueuses: démontage ou incendie de véhicules volés, deal, etc…Il est certes impensable de vouloir réquisitionner tous les sites souterrains pour les chiroptères, c’est pourquoi un compromis a été établi par la mise en place de grilles conçues spécialement pour permettre le passage de la chauve-souris, et qui préservent les endroits du domaine souterrain occupé par les chiroptères.
Encourager la cohabitation avec l’homme au niveau de l’habitat Ce sont surtout la toiture et ses annexes qui sont occupés par les chauves-souris. Les combles à proximité des poutres faîtières en particulier sont souvent occupées.
On peut les trouver également
- dans les interstices de la charpente, - dans les espaces entre tuiles ou ardoises et sous-couverture, - sous les planches des lambrissages - derrière les volets qui ne sont jamais fermés, - dans les caissons de stores, - dans les boisseaux de cheminée et dans les cheminées désaffectées… Pour protéger les chauves-souris existantes ou favoriser les chauves-souris potentielles, on évitera entre autre de traiter les charpentes avant la mi-novembre, date à laquelle de nombreuses espèces ont déjà regagné leurs quartiers d’hiver (sous réserve bien sûr que l’on ait pas justement affaire à l’un de ces quartiers).
Les produits insecticides de traitement des charpentes les moins nocifs pour les chiroptères seraient ceux qui sont à base de perméthrine ou de cyperméthrine (pyréthrinoïdes de synthèse) ou encore ceux qui contiennent des sels de bore ou des composés de cuivre ou de zinc. En principe, les insecticides contenant du lindane, ou encore les fongicides à base de pentachlorophénol ou d’oxyde de tributylétain sont interdits. Mais la meilleure garantie quant au respect de la réglementation et de la prévention des risques chimiques consiste à faire travailler une entreprise spécialisée qualifiée par l’agrément professionnel du CTBA (Centre Technique du Bois et de l’Ameublement). En ce qui concerne les produits utilisés, on peut en particulier exiger la certification dite «CTB bois +Produit». On s’efforcera de terminer le traitement avant fin janvier de manière à laisser suffisamment de temps pour la fixation de la matière active et la disparition des odeurs et émanations de solvants, avant l’occupation des lieux en périodes estivales, par les chauves-souris. L’installation prolongée d’une colonie dans un bâtiment nécessite l’existence d’une ouverture permettant le passage rapide des chauves-souris soit en vol, soit en rampant. Il faut donc, en cas de réparation, éviter de boucher ces ouvertures. Celles-ci doivent être situées à plusieurs mètres du sol et ne pas amener trop de courants d’air et de lumière. Il existe des tuiles spéciales qu’on peut placer lors de la réfection d’une toiture ou d’une isolation thermique. En ce qui concerne les clochers et les tours, il faut éviter de grillager les accès, ou utiliser un grillage à mailles suffisamment grandes si l’on veut se préserver des pigeons et des choucas, ou mieux, poser des chicanes en planchettes qui ont l’avantage de maintenir l’obscurité sous les combles. Pour limiter les souillures et les odeurs qu’entraînent les excréments et les urines, il est conseillé de protéger le sol sous-jacent avec une bâche en plastique protectrice, et ce qui permettra de récupérer le guano, qui comme nous l’avons vu, est un excellent fertilisant naturel riche en azote (à utiliser en petite quantité mélangé à du compost, comme engrais de jardin).
Les gîtes d’hivernage
Lorsque la température extérieure descend au dessous de 10°C, les chauves-souris cessent progressivement leurs activités extérieures et gagnent petit à petit leurs gîtes hivernaux: plafonds, parois et fissures de grottes, trous d’arbres, caves… Les rhinolophes s’enveloppent de leurs ailes et pendent librement au plafond des grottes; les pipistrelles se glissent dans les fissures pour être en contact étroit avec la pierre qui les enveloppe; les oreillards s’accrochent aux parois des grottes et les noctules se regroupent en essaim compact dans les trous d’arbres. Ces milieux doivent être frais et humides pour éviter le dessèchement des membranes alaires. La température ambiante constante (située entre 5 et 11°C), l’humidité de l’air très élevée comprise entre 80 et 100%, l’absence de lumière et de dérangement et surtout la tranquillité absolue forment les caractéristiques écologiques de ces gîtes d’hibernation.
L’entrée en hibernation
Les chauves-souris ont la particularité d’être hétérothermes, alors que la majorité des oiseaux et des mammifères sont homéothermes. Cette hétérothermie leur permet à la fois de maintenir constante leur température corporelle quand la température ambiante se refroidit, mais aussi d’abandonner provisoirement l’état homéotherme, pour économiser leur énergie. Le métabolisme des chauves-souris en hibernation descend ainsi à un niveau minimal. Les rythmes cardiaque et respiratoire ralentissent: Par exemple, le nombre de battements cardiaques par minute passe de 400 à l’état de veille, à15 ou 20; la respiration devient irrégulière, avec des pauses respiratoires allant jusqu’à 90 minutes. La température interne s’abaisse considérablement, jusqu’à se maintenir en général à 1 ou 2°C au-dessus de la température ambiante. Le ralentissement de toutes les fonctions vitales économise une grande quantité d’énergie. Les chauves-souris peuvent également réduire les pertes énergétiques en se serrant les unes contre les autres, par une sorte de thermorégulation sociale.
Le réveil et ses répercussions métaboliques
Quand une chauve-souris en hibernation se réveille spontanément ou est réveillée par certaines excitations, les fonctions vitales s’accélèrent aussitôt en quelques secondes, les graisses sont alors brûlées intensément pour réchauffer le corps. Un peu plus tard les muscles se mettent à trembler (frissons) pour suppléer à la production de chaleur. Le métabolisme augmente considérablement et la température corporelle monte rapidement. A peu près la moitié de la chaleur nécessaire au réveil est apportée par le tissu graisseux brun. Les chauves-souris ont besoin de 60 à 90 minutes pour sortir complètement de leur léthargie. Elles consomment environ deux tiers de l’énergie emmagasinée dans la graisse brune pour se réveiller plusieurs fois pendant l’hiver, spontanément sans raison apparente : pendant ces courtes phases d’activités, les chiroptères volent dans leur gîte, urinent, défèquent, ou boivent et mangent un peu. Parfois un abaissement de la température du gîte au-dessous du seuil idéal suffit également à les réveiller, pour aller chercher alors un emplacement plus favorable. Mais en dépit de l’engourdissement hivernal, les chauves-souris hibernantes sont très sensibles aux perturbations minimes, à la moindre excitation : des contacts légers, un éclairage prolongé avec une lampe de poche, plusieurs photos prises au flash…suffisent à mettre le mécanisme du réveil en marche, ce qui représente toujours pour l’animal une perte considérable d’énergie, au risque, si cela se répète, de consumer prématurément ses réserves de graisses, et de perdre alors la possibilité de se réveiller au moment voulu au printemps ou de ne plus avoir assez de force pour partir chasser et se nourrir. La phase d’hibernation constitue donc une période de grande vulnérabilité des chiroptères, d’où les consignes strictes de respecter leur gîtes d’hibernation, dans le cadre de la loi portant sur la protection des chauves-souris.
Conclusion
La connaissance du mode de vie et de la biologie des chiroptères est une étape préalable indispensable pour apprécier leur contribution écologique importante notamment pour la reproduction des espèces végétales, la reforestation et la lutte contre les insectes. Elle permet également de mesurer leur vulnérabilité, et de comprendre ainsi les menaces que leur principal prédateur, c’est à dire l’homme, fait peser sur elles. Mais malgré leur nouveau statut d’espèces protégées, elles ont encore beaucoup de chemin à parcourir, avant d’être réhabilitées dans l’esprit populaire, et être ainsi préservées et respectées par chacun. La découverte de leur rôle réservoir potentiel pour certaines zoonoses virales dont l’évolution épidémiologique reste encore mal cernée et imprévisible, nécessite certes une vigilance particulière d’ordre de santé publique, mais n’est pas sans inquiéter certains naturalistes et chiroptérologues, qui craignent des réactions négatives de la part du grand public et des autorités administratives pouvant nuire à la protection de ces animaux.
Mais la nature reste malgré tout bien faite, les chauves-souris ayant fait parler d’elles, surtout depuis que l’on s’intéresse à elles… Elles véhiculent ces agents infectieux peut-être depuis plus longtemps que l’on ne le croit, avec une transmissibilité certainement faible pour les mammifères terrestres. Leur émergence en santé humaine reste exceptionnelle. Elle est avant tout favorisée par des circonstances rapprochant l’homme des chiroptères et inversement. L’attitude prophylactique raisonnable réside donc dans la mise en oeuvre d’une prévention primaire efficace par une éducation du grand public visant à limiter les contacts avec ces animaux ainsi que dans la préservation de l’habitat sauvage des chiroptères, les maintenant ainsi à distance de l’homme, le tout allant dans le sens de mesures de sauvegarde de ces mammifères aujourd’hui menacés. La nature nous rappelle donc que l’homme et les espèces sauvages continueront à faire bon ménage, à condition que ce premier ne modifie pas trop l’environnement écologique sauvage de ces dernières, un périmètre de sécurité étant nécessaire pour l’un comme pour les autres.
Biographie
1- Arthur L. et Lemaire M., 1999, Les chauves-souris, maîtresse de la nuit, Delachaux et Niestlé. 2- Salvayre H., 1980, Les chauves-souris, Balland. 3- Maywald A. et Pott B., 1989, Les chauves-souris, les connaître , les protéger, Ulisse Editions. 4- Noblet JF, 1985, Les chauves-souris de France, étude et protection, Fédération Rhône- Alpes de protection de la nature. 5- Noblet JF, 1987, Les chauves-souris, Série « Comment vivent-ils », Vol. 18, Atlas Visuels Payot Lausanne. 6- Schober W et Grimmberger E, 1991, Guide des chauves-souris d’Europe, Delachaux et Niestlé 7- SFEPM-Groupe mammologique Normand, Résumé des communications du IXème
colloque national de Mammalogie, Oct 1985 : Les Chiroptères . 8- Harouet M. et Montfort D., La protection des chauves-souris , Bull. Soc. Sc. Nat. Ouest de la France, tome 17, (3) 1995 9- Ivermectine et Chauves-souris, Bat News, été 1998, N° 50. 10- Fléaux R., Sauvez les chauves-souris, Sciences et Avenir Oct 1995, 62-67. 11- ONF, Dossier Chauves-souris en forêt, Arborescences Mars-Avril 2002, N° 95
Le Grand Murin " Myotis myotis"
Le Grand Murin (Myotis myotis)
Cette grande chauve-souris, qui fait parti des plus grandes espèces d'Europe, de la famille des Vespertilionidés, est une habituée des grands greniers. Ses colonies y déposent d’ailleurs d’importants amas de guano. Des individus peuvent aussi s’isoler dans des cachettes (poutres, roches) et vivent naturellement dans des grottes. Le grand Murin fait parti de la liste rouge, catégorie 3, il est en voie d’extinction.
Les Grands Murins forment souvent de beaux essaims suspendus aux voliges. Ils ne sont pas très discrets et leurs grésillements ne passent pas inaperçus. Ils sont spécialistes du « bombardement » d’urine : attention en passant dessous !
Le Grand Murin (Myotis myotis) est le plus grand des Murins, il se distingue des autres chauves souris par son vol lent et lourd et par son envergure. Il est une de nos plus grosses chauves-souris (près de 8 cm de long et plus de 41 cm d’envergure). On le reconnaît à sa tête nue et rosâtre aussi par son gros museau, ses grandes et larges oreilles et son ventre blanc avec son dos gris-brun.
Il est mieux connu dans le Nord que dans le Midi, Dans la zone méditerranéenne, elle semble diminuer, voire même disparaître localement, au profit du Petit Murin (Myotis blythi) En France, il est plutôt sédentaire, ne dépassent pas quelque dizaines de kilomètres autour de ses gîtes.
Le Grand Murin recherche les régions boisées ouvertes, ainsi que les zones cultivées. Il attend que la nuit soit tombée pour sortir chasser ; il rentre environ à 30 minutes avant le lever du jour. Le Grand Murin est le spécialiste de la capture au sol des gros insectes ; il fond sur les hannetons, cétoines, coléoptères, sauterelles, criquets, grillons, papillons et araignées.
Après une copulation en automne, les femelles en été, mettent bas un unique petit (voir des jumeaux, mais très rare) dans des endroits chauds et secs. Les mâles sont exclus et vivent solitaire. Les gîtes de mise bas peuvent compter des centaines de femelles, qui se rassemblent à partir d’avril. Le soir même de la mise bas, la femelle laisse son jeune au gîte (à une nurserie), pour aller chasser. Les jeunes peuvent rester groupés, souvent avec plusieurs femelles qui se relaient.
Le grand murin entre en hibernation de la fin octobre au début avril en fonction des situations climatiques locales. Les gîtes d’hibernation sont des cavités souterraines (grottes, anciennes carrières, galeries de mines, caves de température voisine de (7-12°C) et suivant l’humidité. Il est considéré comme une espèce plutôt sédentaire malgré des déplacements pouvant être de l’ordre de 200 km entre les gîtes hivernaux et estivaux.
Morphologie d'une chauve_souris
Chauve-souris Le silence de la nuit - La chauve-souris-SOS.
Depuis l'arrêté du 17 avril 1981, la loi interdit la manipulation de toutes les chauves-souris. Il faut toujours respecter les règles suivantes : ne jamais manipuler une chauve-souris blessée ou découverte de jour sans mettre de gants, et signaler toute découverte de cadavre à la Direction des Services Vétérinaires. En prenant ces précautions, vous pouvez secourir une chauve souris en détresse. Bien sûr, il faut dans ce cas contacter rapidement le centre, pour des soins rapides.
Les chauves-souris sur les photos sont handicapées. Elles vivent dans des gardes mangés.
1) L’installer dans une boites a chaussure avec des trous d’aération et comme fond mettez de l’essuie tout, blanc, comme ça vous pourrez voir si elle a des parasites, si elle fait des petites crottes et si elle urine correctement. Cette boite sera provisoire.
2) Comme nourriture, des Zophobas Morio avec la tête coupé, il faut tenir le vers, presser-le et lui donné le blanc, lui proposé devant son museau, il faut être très patient, cela ne fonctionne pas du premier coup, renouvelez cette acte plusieurs fois dans la journée. Elle finira par y goutter et à apprécier. Ne pas touché son nez avec le blanc du vers, vous risqueriez de le boucher, sinon essuyer-le avec un coton humide. Si vous n’aimez pas toucher au vers, faite le avec une pince a épiler ou avec des gants. Il faut enlever l’intestin du vers pour certaine chauve- souris, comme pour la Pipistrelle ou les petits Oreillards.
3) Pour la boisson, avec un petite seringue (sans l’aiguille) et lui faire couler quelque goutte sur sa langue et quand elle aura plus soif, normalement elle tousse. Ne faite pas de geste brusque et travailler dans le calme, évitez les cris ! Au bout de quelques jours, elle finira par manger seule, les Morios, les teigne de ruche, coléoptère, avec la tête couper et boira seule,. Mettre l’eau dans une petite soucoupe, style dessous de tasse. Attention a la noyade ! Vous pouvez lui donner quelque vitamine, Virbac : vita rongeur c’est le plus riche en vitamine. A conserver au frais.
Si vous l’a garder a cause d’un handicap, vous serez obliger de lui construire une boite en bois naturel et sans colle. Ou acheter, dans un vide grenier ou brocante, un garde manger.
Observer là, pour voir pourquoi elle s’est retrouver a terre, elle peu avoir des petits trous dans la membrane (patagium), c’est vraisemblablement un chat avec ses griffes, cela se ressoude au bout quelque mois, il faut lui mettre sur la membrane une pommade antiseptique et cicatrisante.
Vous verrez quand elle dort son corps est froid. Si vous la prenez attendre que son corps reprenne une température normale et vous pourrez ainsi commencer à la nourrir. Ou lui caresser le bout du nez, les oreilles, le dos, elles adorent ça.
La rage chez la chauve-souris L’approfondissement de la connaissance scientifique des chiroptères démystifie de jour en jour leur mode de vie obscure et leur biologie secrète. Ces progrès contribuent certes à leur réhabilitation dans l’esprit populaire mais laissent apparaître d’éventuelles menaces d’ordre sanitaire, tant pour la santé animale qu’humaine. Ces risques potentiels, même minimes sont à prendre en considération avec sérieux et rigueur, d’autant que l’évolution épidémiologique imprévisible et encore mal maîtrisée de certaines zoonoses, comme la rage et ses virus variants transmissibles par les chiroptères, soulève des questions et peut-être même des inquiétudes d’ordre de santé publique.
Les signes cliniques de la rage chez les chiroptères Alors que la proportion des chiroptères infectés par un lyssavirus et symptomatiques varierait selon l’espèce de chiroptère et le génotype du virus, les différents tableaux cliniques chez les chiroptères malades sont relativement les mêmes, quelque soit le séro-génotype. Les principaux signes sont une altération des reflexes, une perte d’appétit, des cris inhabituels, une difficulté à voler, un début de tremblements, une paralysie, et une prostration. Chez le vampire, les signes cliniques débutent en général 24 à 96 h avant la mort.
Situation épidémiologique française Depuis le début de l'année 2000, le laboratoire d'études et de recherches sur la rage et la pathologie des animaux sauvages de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) à Nancy a renforcé les enquêtes d'épidémiosurveillance de la rage chez les chiroptères (chauves-souris) avec le soutien du ministère de l'agriculture et de la pêche.
14 chauves-souris ont été découvertes enragées en France depuis 1989 : 5 en 2000 et 3 en 2001.
Parmi elles, 12 étaient des Sérotines communes (eptésicus serotinus). Les deux autres étaient 1 pipistrelle commune (pipistrellus pipistrellus) et 1 roussette d'Egypte (rousetus aegepticus). Ce dernier cas est différent des 13 autres car il s'agit de l'espèce exotique importée frauduleusement. Le virus en cause est d'une autre souche que celle présente en France.
En France, la seule souche de virus actuellement isolée sur des chiroptères autochtones est de type " EbL1 ", c'est à dire correspondant à un Lyssavirus de génotype 5. 7 génotypes de Lyssavirus sont connus dans le monde. Celui de la rage vulpine est le génotype 1. Tous les autres génotypes sont dits " virus apparentés au virus de la rage ".
La situation épidémiologique de la rage des chiroptères en France est semblable à celle de l'ensemble des pays européens où les des cas de rage ont été détectés sur des Sérotines communes. Aucune chauve-souris n'a été détectée comme porteuse du virus de la rage " dite vraie " (génotype 1). Cependant dans le Nord-Ouest de l'Europe, un second génotype de Lyssavirus a été isolé, appelé " EbL2 ".
Le nombre de cas recensés semble étroitement lié à l'existence et à la sensibilisation des réseaux de surveillance. La situation épidémiologique de la rage des chauves-souris européennes, toutes insectivores, diffère donc notablement de celle qui sévit en Amérique.
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